mardi 25 septembre 2007

Billet - 25 septembre

Quatre millions de zombies !

J’apprends ce matin que vous fûtes 4 millions devant le petit écran dimanche soir[1]. Quatre millions d’individus ont préféré s’écraser devant le petit écran plutôt que de profiter du beau temps exceptionnel de cette fin septembre pour recevoir des amis ou des membres de la famille, lire assis près d’une fenêtre et sentir le vent qui passait, marcher un peu dans le quartier pour prendre l’air, passer du temps avec les enfant, son conjoint ou sa conjointe, écouter de la musique, bref, vous avez préféré faire ce que vous ferez tout l’hiver durant, c’est-à-dire vous laissez bombarder de niaiseries sans réagir plutôt que d’agir ? Je suis pas très fier de vous.


[1] http://www.cyberpresse.ca/article/20070925/CPARTS/70924221/6730/CPACTUALITES

vendredi 21 septembre 2007

Acquisitions – 21 septembre

Quelques livres...

Une fois n’est pas coutume, je me suis offert vendredi, le luxe d’une journée de congé. À mes frais... J’ai pas chômé pour autant. En plus des courses au marché, du ménage, j’ai trouvé le temps de passer un peu plus d’une heure chez mon libraire (libraire Delteil, rue St-Denis). J’ai fais quelques acquisitions :

Robert Merle
La mort est mon métier (roman)

Stefan Zweig
Marie Stuart (biographie)

Gérard Klein
Les perles du temps perdu (science fiction)

Andrei Makine
La musique d’une vie (roman)

Pierre Boulle
Les jeux de l’esprit (fantastique)

Howard Philips Lovecraft
L’affaire Charles Dexter Ward* (fantastique)

François Mauriac
Mémoires intérieurs (mémoires)

François Mauriac
Nouveaux mémoires intérieurs (mémoires)


* une oeuvre que je lis un fois l’an. J’ai acquis cet exemplaire pour le donner en cadeau prochainement…

lundi 17 septembre 2007

Compte de mots - 17 septembre



Mille sabords, mais c’est une fille !

Surprise ; j’ai découvert la semaine dernière qu’une collègue au bureau, une fille toute posée et bien à son affaire, grande lectrice de livres "sérieux", ben j’ai découvert... qu’elle était une maniaque de BD. Bon, c’est quoi le rapport direz-vous ? Euh ! aucun. Toujours est-il que cette collègue m’a prêté pour la fin de semaine, les cinq tomes de la série « Les passagers du vent » de François Bourgeon, dans une édition épuisé chez Glénat*

C’est une belle aventure qui se passe au XVIIIème siècle. Il y est question d’amour, de trahison, de passion et de révolte. Le personnage centrale est joué par une jeune femme, Isa. Son idéalisme est sans doute le seul anachronisme sérieux de cette belle et grande histoire qui se termine sur une belle note d’espoir.

On peut, sans risque de se tromper, dresser un parallèle avec une autre série très forte : le cycle Aldébaran de Léo (voir compte de mots du mercredi 2 mai 2007). Les deux séries ont en commun beaucoup de choses : un univers féminin très fort, l’exploration de nouveaux mondes étranges (mais pas au même siècle), l’amour, l’amitié, la trahison, la révolte.

On pourrait regretter chez Bourgeon, des textes qui s’écrasent parfois dans une bulle, jusqu’à devenir difficile à lire. On pourra regretter aussi les renvois en bas de page, tellement petits qu’ils en sont illisibles.

* maintenant chez Casterman


« Les passagers du vent »
François Bourgeon
Casterman éditeur
Tome 1 : La fille sous la dunette
Tome 2 : Le ponton
Tome 3 : Le comptoir de Juda
Tome 4 : L’heure du serpent
Tome 5 : Le bois d’ébène

mercredi 12 septembre 2007

You Bet Your Life ! - 12 septembre


Groucho who ?

Je suis un fan fini des Marx Brothers et surtout de Groucho Marx (2 octobre 1890 - 19 août 1977). Récemment, j’ai installé un petit écriteau à l’entrée de la Médiathèque

« From the moment I
picked your book up
until I laid it down, I
was convulsed with
laughter. Some day
I intend to read it.
»
- Grouche Marx


(traduction maison : Du moment que j’ai pris votre livre entre mes mains jusqu’à ce que je le dépose, j’ai été tordu de rire. Je compte bien le lire un jour).

Fallait bien que ça arrive : on vient de me demander qui est Groucho Marx... Je ne suis définitivement pas de mon temps...

Compte de mots – 12 septembre

François Villon – Oeuvres complètes



… « Ils raconteront plus tard qu’ils furent les derniers à voir Villon […] et que dès lors, personne n’eut plus jamais de nouvelles de moi. » Villon (1431-?)
Jean Teulé, « Je, François Villon »










Relire ses classiques, quel beau programme en ces premiers jours d’automne. J’aime bien relire certaines oeuvres, certains auteurs (classiques ou non). Je n’en ai nulle honte voyez-vous. Et ne cherchons pas à savoir pourquoi, mais c’est principalement en automne que j’aime relire*
C’est ainsi que depuis trois jours, je relis avec un grand bonheur « Oeuvres complètes de François Villon », ouvrage publié chez Garnier en 1942. Pour la petite histoire, j’ai acquis ce livre il y a une douzaine d’années au moins, dans une petite boutique de livres usagés dans le village de Wakefield, en Outaouais, pour la modique somme de 5$
Le livre, en très bon état malgré ses 65 ans, est d’un poids considérable ; c’est que l’on imprimait pas les livres sur du papier journal en ces temps-là (et ce, même si nous étions au coeur de la guerre en France). L’autre chose qui étonne, c’est le nombre de pages du livre : 308 pages. Pourtant, l’oeuvre avérée de Villon est fort mince. Mais comme le rappel Louis Moland dans l’avertissement au lecteur ;

« Les poésies de maître François Villon formeraient un très mince volume si on les réduisait à ce qui lui appartient authentiquement. Le Petit Testament, le Grand testament, quelques pièces détachées et le Jargon. Le volume a été, d’édition en édition, grossi, sous la rubrique complaisante : Œuvres attribuées à Villon, de pièces accessoires qui dépassent en étendue l’élément principal. Nous avons suivi l’exemple de nos devanciers, en les reproduisant, sans vouloir plus qu’eux en imposer au lecteur. »

Peut-être avons-nous découvert d’autres textes de Villon depuis la publication de ce livre ? Faudrait sans doute que je me mette à la recherche d’un ouvrage un peu plus récent. Mais en même temps, j’aime bien l’idée de (re)lire les poèmes de Villon dans cet ouvrage d’un autre temps.

François Villon passe pour un poète ardu ; la barrière de la langue (le moyen français c’est pas évident), le peu d’historicité des personnages et situations évoqués par Villon... Même pour les spécialistes, des pans entiers de l’oeuvre de Villon demeurent inaccessibles. Mais il ne faut pas bouder pour autant son plaisir.
Et vous, vous aimez Villon ?


La ballade des pendus (extrait)

La pluye nous a débuez et lavez,
Et le soleil desséchez et noirciz:
Pies, corbeaulx nous ont les yeulx cavez
Et arraché la barbe et les sourciz.
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis ca, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oiseaulx que dez à couldre.
Ne soyez donc de nostre confrarie;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre !


_____
* le temps que je consacrerais à m’expliquer
1. pourquoi j’aime relire
2. pourquoi l’automne
ben je le passerais pas… à lire ! je laisse donc à l’amateur de psycho pop le soin de trouver une explication sur la satisfaction et le besoin de relire pour exister. Moi, je n’ai pas besoin de justificatif pour vivre et (re)lire ; vivre me suffit amplement. (re)lire aussi.


François Villon
Oeuvres complètes[1]
Garnier, collection Classiques Garnier
Format in-16. Impression en caractères Garamond sur papier beau vélin blanc
dans une édition de 1942 (édition originale : 1937)
CCR : 131.po/VIL

[1] titre complet : « Oeuvres complètes de François Villon publiées avec une étude sur Villon, des notes, la liste des personnages historiques de la bibliographie par M. Louis Moland »

mardi 11 septembre 2007

Compte de mots – 11 septembre




Au suivant...

« Regardez autour de vous ! D’un geste de la
main, il indiquait un cabinet cossu, l’hévéa nain,
le bégonia rex, les murs tapissés de livres et, pour
finir, avec un mouvement du poignet qui à la fois
disait sa candeur et insistait sur les revers de son
costume de bonne coupe, il a ajouté : pensez-vous
réellement que je serais arrivé où je suis si Freud
avait tort ?
»
Ian McEwan – Psychopolis et autres nouvelles

C’est ennuyeux comme la soirée canadienne, prétentieux comme Donald Trump et inutile comme Stephen Harper. Aucune finesse dans l’écriture, des personnages sans âme, des histoires sans intérêt.

Et dire que j’avait adoré « Expiation »...

Ian McEwan – Psychopolis et autres nouvelles
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Françoise Cartano
Gallimard, Collection Folio
Poche, 132 pages.
ISBN : 9782070422098
CCR : 121.n/MCE

dimanche 9 septembre 2007

Compte de mots – 09 septembre



Un mystère qui tombe à plat

- (Nasir) C’était lui Sahib… Le chauffeur ! L’espion
- (Mortimer) Encore ! By Jove ! Tu vois des espions partout ! Décidément, je commence à croire que le secret de l’espadon t’a mis la tête à l’envers !… Allons, au lit !



Un ami – Merci Martin – m’a prêté les deux tomes de « Le mystère de la grande pyramide », les aventures de Blake et Mortimer, de Edgar P. Jacobs. Martin avait raison ; c’est pas d’un grand intérêt. Une histoire banale et sans rebondissement avec une fin plus que prévisible : découverte d’un manuscrit perdu, secret d’un trésor magnifique, Olrik, Blake victime d’un attentat, Mortimer floué par plus malin que lui, chasse au trésor dans la pyramide, les bons contre les méchants, Blake ressuscite, trésor sauvé mais, perte de mémoire chez Blake et Mortimer…
Mais le plus pénible à mon avis, c’est le ton infantilisant du début (j’avais l’impression de lire un guide du professeur version réforme). Jugez-en vous même :
« Oui, deux mots avant que ne se lève le rideau sur l’histoire que je vais te raconter. En effet, pour bien goûter et mieux comprendre ce qui va suivre, j’aimerais que tu lises ces quelques lignes destinées, comme on dit, à planter le décor…. »
Pfft ! N’importe quoi ! Et puis, plus que dans tout autre album de Blake et Mortimer, le trait de crayon rappel trop Hergé*. On pourrait même parler de calquage (pour ne pas dire copiage) dans le cas du Dr. Grossgrabestein, qui est le frère jumeau d’un des professeurs dans Tintin et Les 7 boules de cristal.

Déception oui, mais heureux tout de même d’avoir pu lire de nouvelles aventures de Blake et Mortimer.


* Jacobs a travaillé avec Hergé sur quelques albums de Tintin – ils étaient amis en fait.

Edgar P. Jacobs
« Le mystère de la grande pyramide », les aventures de Blake et Mortimer.
Tome 1. ISBN : 9782870970089
« Le mystère de la grande pyramide », les aventures de Blake et Mortimer.
Tome 2. ISBN : 9782870970096

Compte de mots – 09 septembre


Lodge l’impitoyable

« Je ne peux entendre les premières notes de
« La chanson du berger », dans la symphonie
Pastorale de Beethoven, sans que me revienne
en mémoire le plan que j’avais conçu pour
embrasser la Sainte Vierge, C’est-à-dire, en ce
temps-là, Dympna Cassidy, qui jouait le rôle de
Marie. Ce temps-là était celui de Noël au début
des années 50.
»
- Pastorale, David Lodge.

Impitoyable, Lodge l’est. Quiconque a lu « La chute du British Museum » ou encore « Pensées secrètes » sait combien l’écrivain, qui a un réel talent de conteur, arrive à tracer la ligne juste, le dessin parfait, le trait qui tue. Nul n’est épargné dans ses récits – pas même l’auteur, que l’on devine à travers plusieurs de ses personnages.
« L’homme qui ne voulait plus se lever » est un court (trop court ?) recueil de six nouvelles écrites entre 1966 et 1992. Lodge réussit à couvrir à peu près tout les sujets : l’amour, le sexe, la religion, l’ambition, un premier emploi, la compétition, la convoitise, bref, la liste pourrait s’avérer bien longue...

La plus étrange des nouvelles de ce recueil est sans contredit « L’homme qui ne voulait plus se lever . On pourrait dire que c’est une oeuvre à part chez Lodge ; ça frôle le bizarre, le fantastique. Mais pour les cinq autres nouvelles, elles sont typiques du monde onirique et de l’humour British de Lodge.

Signe d’un ouvrage bien fait, l’auteur a écrit une forme d’introduction pas inutile du tout, pour le lecteur francophone*

* nous sommes loin ici des ouvrages de plus en plus souvent bâclés de chez 10/18 et quelques autres aussi…


David Lodge
L’homme qui ne voulait plus se lever (et autres nouvelles)
traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Suzanne V. Mayoux
Rivages poche / Bibliothèque étrangère
122 pages.
ISBN : 9782743601942
CCR : 121.n/LOD

Compte de mots – 09 septembre



Le plus anglais des romans américains

J’ai beaucoup aimé ce roman policier. Beaucoup. L’histoire, la façon de raconter, la vraisemblance des lieux et des personnages font que j’ai passé quelques belles heures avec le sergent Barbara Havers et l’inspecteur Lynley. Le sujet n’est peut-être pas nouveau (meurtre dans une municipalité rurale du Yorkshire, New Scotland Yard, atmosphère confinée des petits villages et des petites mentalités humaine, l’horreur de certains secrets, etc.). De plus, le lecteur attentif devinera assez tôt ce qui se trame, mais n’empêche, j’ai déjà hâte de mettre la main sur d’autres romans policiers de cette romancière.

« Enquête dans le brouillard » (Grand Prix de la littérature policière en 1988) est le premier roman de cette romancière qui est sans doute, avec Alison Lurie, la plus anglaise des auteurs américains et la plus américaine des auteurs de romans anglais.

J’ai puisé dans l’édition intégrale du « Journal » de Jean-René Huguenin la phrase suivante, qui décrit assez bien le roman d’Élizabeth George :

« Les grands romanciers sont ceux qui
savent faire du mystérieux avec du
quotidien, de l’extraordinaire avec du
banal, du divin avec de l’humain – ceux
qui savent faire quelquer chose avec rien,
comme l’espoir.
»


Elizabeth George
Enquête dans le brouillard
titre original : A great deliverance
traduit de l’anglais (États-Unis) par Dominique Wattwiller
Pocket, 446 p.
ISBN : 9782266117562
CCR : 112.rp/GEO

jeudi 6 septembre 2007

Cadeaux - 06 août

Cadeaux d’un ami (merci Paulo):

Gabriel Garcia Marquez
- Le général dans son labyrinthe (roman)

Isabelle Allende
- La maison aux esprits (roman)


Sur la liste à acquérir :

Jean-François Nadeau
- Bourgault (biographie)

Martine Delvaux
- C’est quand le bonheur ? (roman)

Charles Bukowski
- Journal, souvenirs et poèmes (journal)

vu le prix pour le Bukowski, je vais attendre quelques années et l’acquérir en usagé : oui, je suis un homme patient…

dimanche 2 septembre 2007

Rentrée littéraire d'ici - 02 septembre

À lire près de chez-vous...

Sous la plume de Marie-Claude Fortin ce matin, dans le journal « La Presse » ; la rentrée littéraire au Québec. Très bon survol de ce qui s’annonce comme une belle rentrée littéraire d’ici. À lire…

http://www.cyberpresse.ca/article/20070902/CPARTS02/709020396/1050/CPARTS02


Le journal « Le Devoir » comme toujours n’est pas en reste, avec de très bons papiers sur la littérature en général. Mais avec cette fâcheuse tendance de verrouiller la plus part de ses articles, le journal se coupe d’une grande partie de sa clientèle dont celle de la francophonie hors-Québec. Dommage…
Si vous n’avez pas accès à la version papier du journal de ce week-end, je vous recommande un article non verrouillé sur la biographie de Pierre Bourgault. Je n’aime pas les biographies, mais ne serait-ce que parce que « la vie de Bourgault épouse la formidable évolution du Québec », je pense que je vais passer une commande à mon Libraire – message reçu Julien ;-)

http://www.ledevoir.com/2007/09/01/155337.html

Compte de mots – 02 septembre















Qui a tué... Agatha Christie ?

Lorsque dans un seul et même petit livre de 160 pages, on arrive à placer les mots suivants :
Freud
Psychanalyse
Oedipe
Le principe de Van Dine
Voltaire
Sophocle
Hamlet
Herméneutique
Euripide
délire d'interprétation
Madame Bovary
Formation de l’inconscient
Polysémie

on se dit que le type qui a écrit le livre, ou bien il a une sacré culture ou bien c’est un frimeur de première. Pierre Bayard, auteur du livre « Qui a tué Roger Ackroyd » est les deux à la fois.

L’idée de base de son essai, c’est de se demander si, dans le célèbre roman policier d’Agatha Christie « Le meurtre de Roger Ackroyd », le Dr. Sheppard est le vrai coupable. Autrement dit : et si Hercule Poirot c’était trompé ! Et si le Dr. Sheppard était innocent ?
Je confesse être un bon lecteur d’Agatha Christie. J’ai mes « classiques » ; « Le Noël d’Hercule Poirot » (que je relis une fois l’an… à Noël), « ABC contre Hercule Poirot », « Le meurtre de l’Orient Express », etc. Mais mon préféré demeure encore « Le meurtre de Roger Ackroyd ». Alors pensez, je jubilais à l’idée de lire l’essai de Bayard. Hélas, trois fois hélas ! plus je lisais, plus grande était ma déception. C’est que Bayard fait reposer l’entièreté de sa « preuve » sur la psychanalyse ; moi, un science qui s’appuie sur l’inconscient pour tout expliquer, je me refuse d’y croire. Je me refuse de croire que l’homme et sa fiancée (pour reprendre une expression de Pierre Foglia) agissent de façon inconscient. Je me refuse de croire en une science qui, si elle avait sa raison d’être au XIXè sicle, dans un temps de puritanisme victorien, n’a plus sa place aujourd’hui. Alors qu’un type ait recourt, en 2007, à Freud, pour expliquer le comportement d’un personnage de roman policier ! Euh ! ben ça me dépasse.

Alors, quel est l'intérêt de cette non-démonstration ? Je l’ignore. C’est pas même un enseignement sur la naïveté du lecteur docile que nous pouvons être parfois.
J’ai l’impression que Bayard a tout simplement voulut tuer Poirot et Christie. Tiens, un bon cas pour la psychanalyse…



Pierre Bayard
Qui a tué Roger Ackroyd ?
Les éditions de Minuit, coll. Reprise
Paris, 173 p. 1998 pour la première éd.
2002 pour la présente édition.
9782707318091
CCR : 131.e/BAY

mercredi 29 août 2007

Bilan de santé - 29 août

Et vous, ça va ?

Pas encore trouvé le temps de vous parler de mes dernières lecture... Cependant, je ne puis passer sous silence ce que je lis en ce moment : « Journal d’une femme adultère » de Curt Leviant. Présenté comme un roman érotique - rassurez-vous, il n’en est rien - c’est un très beau roman, doublé d’une très belle histoire et magnifiquement bien écrit. Bref, vous l’aurez compris, je suis sous le charme. Mais bon, coté couverture, pas certain que j’aimerais me balader dans le métro avec le livre...

Et vous, ça va ? Moi j’ai terriblement mal à une dent et comme j’ai une peur indicible du dentiste, ben j’endure ça depuis deux semaines.

jeudi 23 août 2007

Patience... - 23 août

Patience...

En ce moment, je lis :
un essai de Pierre Bayard intitulé "Qui a tué Roger Ackrod"
un recueil de nouvelle de David Lodge "L'homme qui ne voulait plus se lever"
le "Journal" (édition complète) de Jean-René Huguhenin

Mais pour l'instant je vous quitte pour Anton Bruckner et la neuvième, dans une magistrale interprétation de la Munchner Philharmoniker, sous la direction du regretté Sergiu Celibidache

mardi 21 août 2007

Rencontre heureuse - 21 août

Rencontre heureuse

Samedi matin, j’ai photographié mon plus vieux livre (1899) pour déposer la photo sur mon compte Flickr. Le livre en question c’est le « Rubaiyat » de Omar Khayyam, traduit dans la langue de Shakespeare. Dans l’après-midi, je débute la lecture de « Hell’s Angels » de Hunter S. Thompson et je tombe sur ceci, page 87, au sujet de Bobo Preetam, un des co-fondateurs de Hell’s Angels :

…qu’il décida de se consacrer sérieusement
à la littérature. Excédé d’être stigmatisé comme
Hell’s Angels, il avait lâché la route pour devenir
coursier et, au terme d’une longue course, il
tomba sur les roboyat d’Omar Khayam, et jugea
nécessaire d’y apporter ses propres commentaires
qu’un éditeur consentit à publier
.

Coïncidence ? N’en croyez rien ; ce genre de rencontre m’arrive si souvent que je ne prends même plus la peine de le souligner. J’ai encore en tête une autre rencontre, fameuse celle-ci : je lisais de front « La guerre des codes secrets » de David Kahn et « Journal » de Samuel Pepys. Au 2/3 du livre de Kahn, je tombe sur le nom de... Samuel Pepys et son journal, cité; comme un exemple de journal intime codé ;-)

Des rencontres comme celle-ci, j’en fais très souvent. J’avance le chiffre d’une rencontre par semaine. Et vous, ça vous arrive souvent ?



mise à jour : j’ai retrouvé le passage dans le livre de Kahn :

« Le journal secret le plus célèbre est celui de Samuel Pepys. Ce document de trois mille pages, écrit entre 1660 et 1669 par un fonctionnaire anglais, est entièrement rédigé dans une sorte de sténographie de l’époque […] Le document, décrypté plus d’un siècle après la mort de Samuel Pepys, publié en 1825 et constamment réédité, doit certainement son succès au fait que celui-ci, confiant dans la discrétion que lui assurait son procédé d’écriture secrète, y dévoile ses pensées et souvenirs les plus intimes, faisant ainsi de ce journal une chronique particulièrement vivante sur la vie et les événements de son époque »
PP. 365-366.

Compte de mots – 21 août



Ne pas lire

« Ne pas déranger », de Muriel Spark, est ce que je déteste sans doute le plus en littérature ; un récit sans queue ni tête, prétentieux, qui tente de réinventer le genre et ou tout est mise en place pour dérouter le lecteur. Un récit ou l'on parle d’un événement futur au temps présent – voir, au passé ! Des personnages qui ne sont pas ce qu’ils sont – ou le contraire (voyez le genre !) Je ne garde que de mauvais souvenirs de la lecture de ce bouquin, bouquin que je viens d’ailleurs de déposer (pour utiliser un terme poli) dans le fond du bac de recyclage : pas question de remettre le livre en circulation, que se soit dans l’usagé ou en faisant un don. Adieu et… sans regret !

Muriel Spark
Ne pas déranger (Do not distrub)
Traduit de l’anglais (Écosse) par Jean-Bernard Blandenier
Folio, no. 1951
Paris, 1988
9782070380381
CCR : 121,1.r/SPA

lundi 20 août 2007

Compte de mots – 20 août


Get your motor running
Head out on the highway
Looking for adventure
In whatever comes our way

Like a true nature child
We were born
Born to be wild
We have climbed so high
Never want to die
Born to be wild


- Steppenwolf, Born to be wild



Icône d’une forme de journalisme un peu oublié aujourd’hui (le Gonzo journalism ; un style de reportage unique où le journaliste est à la fois auteur et héros), Hunter S. Thompson, qui s’est suicidé en février 2005, se fait connaître au début des années 60 avec un article sur les Hell’s Angels. Encouragé par la réception faite à son article, Hunter décide de plonger : vivre un an avec le noyau dur des Hell’s Angles de la Californie et écrire un livre sur son expérience.

On le sait, après 1968, mais surtout après le tristement célèbre festival d'Altamont, les Hell’s Angels sont devenus des hommes d’affaires sans veston ni cravate, versant dans la grande criminalité (le trafic de drogue, prostitution, etc.).
Avec son style inimitable, Hunter nous raconte les Hell’s Angels avant Altamont - et il ne nous épargne rien : ni la violence ni la défonce au LSD, ni les beuveries, les dérapages et les virées. Mais surtout, surtout, il démontre, preuves à l’appuie, comment la presse de l'époque avait nettement exagéré les excès des Hell’s Angels, des Hell's Angels sans le sous, toujours à la recherche d’un bon (ou mauvais) coup.
Le livre de Hunter ne raconte pas l’histoire des Hell’s Angels. C’est un instantané d’un an qui décrit la lente dérive de marginaux qui ne voulaient surtout pas vivre l’americain dream ou the americain way of life.

Livre à lire absolument, mais avec quelques bémols cependant et qui n’ont aucun rapport avec l’oeuvre de Hunter S. Thompson :
- le livre acheté neuf pour près de 20 $ est en fait une espèce de photocopie de bien mauvaise qualité de l’ouvrage paru en français, il y a plusieurs années.
- La traduction avec de l’argot parisien, très peu pour moi merci ! Le traducteur est pas même foutu d’utiliser des mots présent dans un dictionnaire (mais pour nous faire la morale sur notre accent et la féminisation des noms alors là, ils sont champions !)
- Des erreurs de dates, de mois, d’années (1975 plutôt que 1965, juin plutôt que juillet, etc.)
- Absence d’une présentation de l’auteur et de l’oeuvre, de son accueil lors de sa publication aux États-Unis, etc.
- Absence de renvoi en bas de page pour certains événements (non mais, honnêtement, vous vous souvenez des événements de Watts vous ? Si vous répondez oui c’est que comme moi, vous avec plus de quarante ans et que vous portez un intérêt particulier à l’histoire des États-Unis).

Bref, encore une fois, une édition bâclée, signé 10/18 !

Hunter S. Thompson
Hell’S Angels
10/18, collection Domaine étranger
format poche, 345 pages
ISBN : 9782264032676
CCR : à venir

Compte de mots – 20 août


Mort d’un expert au dessus de tout soupçon

Quoi de mieux qu’un roman policier pour se changer les idées. Surtout qu’au bureau, les rumeurs de rationalisation vont bon train, encore une fois. Mettons que l’ambiance n’est pas au beau fixe et comme les patrons ne voient rien... - mettons que j’ai rien dit...

Donc, un roman policier. Sans doute un des rares P.D. James que je n’avais pas encore lu. Avec « Mort d’un expert », P.D. James exploite toujours le même procédé efficace, mettant en scène les différents et nombreux personnages avant d’en arriver au meurtre. Meurtre sordide encore une fois. Le commandant Adam Dalgliesh aura fort à faire pour démêler les fils de cette intrigue, surtout qu’un deuxième meurtre viendra compliquer l’affaire.

Quiconque a déjà lu P.D. James ne sera pas perdu avec cette histoire ; elle est ce qu’il y a de plus classique chez la grande dame du crime : une bonne intrigue, un meurtrier au dessus de tout soupçon, un mort détesté de tous ou presque, de petites histoires du quotidien triste. Ça change de l’inspecteur alcolo et fumeur, divorcé, un peu con et pas mal misogyne.


P.D. James
Mort d’un expert
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Éric Diacon
Fayard, Paris, 1989
9782213022628

mardi 14 août 2007

Compte de mots - 14 août




Éloge de mon grand-père

« Pourquoi m’attacher à la vie d’un homme
que je n’ai pas connu et qui ne m’a transmis
que son nom ? Quelle stèle élever ici à quel-
qu’un qui ne l’aurait sans doute pas désiré ?
»

- Richard Millet, Petit éloge d’un solitaire


Un tout petit livre (inédit) de Richard Millet, dans la collection 2€ chez Folio. Un beau et grand texte sur les hommes (père, oncles) de la famille de l’auteur mais surtout, un éloge sur son grand-père (le solitaire), un homme épris de solitude, une solitude qui était plus
"un accomplissement que de la misanthropie ou
la contestation de l’ordre social qu’elle est devenue...
" (p. 60)

Ce récit, c’est avant tout celui de Millet et de la découverte de sa famille, à travers l’histoire de son grand-père. Un texte tout en douceur. Un texte qu’on pourrait lire en 30 minutes mais qui demande du temps, ne serai-ce que pour apprécier la prose parfois si juste de Richard Millet. Je sais que je vais relire ce livre avant longtemps... Je recommande fortement. Et puis, pour moins de 4$ se serait ridicule de bouder votre plaisir !
Cependant, voici un livre qui ne plairait guère à Lise Payette (et quelques autres) pour qui l’homme, (pas l’Homme au sens d’Humanité) mais l’homme en tant que père, mari, fils, n’est qu’un bon à rien. Au mieux, un espèce de déchet avec qui il faut apprendre à (sur)vivre.


Millet, Richard
Petit éloge d’un solitaire
Folio, collection 2€
Paris, 2007, 90p.
9782070337798

Acquisitions - 14 août

Nouveautés

Samedi dernier, direction librairie Gallimard, question de serrer la pince de mon ami et libraire Julien et question aussi de faire le tour des livres. Mais se rendre chez Gallimard sur St-Laurent c’est toute une aventure urbaine. C’est que depuis bientôt neuf mois, le boulevard St-Laurent - qui n’a de boulevard que le nom - est un véritable chantier de construction. Heureusement, j’étais à pied (avoir une voiture en ville c’est une aberration à mes yeux). Mais même là, circuler à pied c’est vraiment pas évident.
Et puis, c’est qui le génie qui est à la tête de ce projet ? Vous me direz qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, tout à fait d’accord avec vous. Mais ici, je parle d’un cafouillis à l’image de la gestion de notre ville : Un jour, on ouvre une grande portion de la rue, on fait un trou, installe des barrières puis il ne se passe plus rien pendant quatre jour. Au bout du cinquième jour, hop ! on rebouche le trou qui avait été creusée trop vite ! Et ça recommence ailleurs la semaine suivante !

Grande consolation, j’ai pu serrer la pince de mon ami Julien et j’ai quitté la librairie avec cinq livres :

1) Hell’s Angels – Hunter S. Thompson
Domaine étranger 10/18
Reportage célèbre de ce grand journaliste et écrivain, décédé en 2005. J’ai hâte de me taper la lecture de ce livre complètement déjanté.

2) Petit éloge d’un solitaire – Richard Millet
Folio collection 2 Euro
Je viens de terminer cet inédit. Beau. Touchant.

3) Qui a tué Roger Ackroyd ? - Pierre Bayard
Les éditions de minuit, collection reprise
Qui ne connaît pas ce grand roman policier de la grande dame du crime. Mais si elle avait tout faux ? Si le meurtrier n’était pas le bon ? C’est avec cette idée en tête que Roger Bayard démarre son enquête.

4) Mises à mort - Suzanne Myre
Marchand de feuilles
C’est le troisième recueil de nouvelles de cette auteure québécoise que j’achète. Elle a un style particulier que j’aime bien. beaucoup en fait.

5) Vassili Grossman – Vie et destin
Le livre de poche
Considéré comme « le guerre et paix du XXe siècle », Grossman ne verra pas de son vivant la publication complète de son livre. C’est une somme de plus de mille pages en format livre de poche.

Pensez qu’il y aura encore des trous partout dans la chaussée lors de mon prochain passage chez Gallimard, disons fin septembre ou début octobre ? Les paris sont ouverts...