jeudi 22 mars 2007

Compte de mots - 22 mars


« Opération Cornouailles» Jack Higgins

J’ai débuté lundi la lecture d’un livre de Elizabeth Smart («À la hauteur de Grand Central Station je me suis assise et j'ai pleuré ») . Ce n’est que par entêtement que j’en poursuis la lecture car je n’aime pas du tout la forme d’écriture employée par Smart. Pour me changer un peu de cette poésie-prose qui part en fumée, je me suis attaqué a « Opération Cornouailles» de Jack Higgins. Comme j’avais apprécié « Le jour du jugement », je pensais honnêtement qu’« Opération Cornouailles» serait du même genre. Erreur ! Tout d’abord, rien ni personne n’est ce qu’il paraît être dans ce jeu de dupes. De plus, les situations les plus invraisemblables se succèdent (dont un faux village remplis de faux allemands sur les cotes anglaise), une histoire d’amour-haine qui se dessine avant les quarante premières pages, des héros plus grands nature toujours prêt à secourir la veuve et l’orphelin, des répliques de romans d’aventures de série B, etc.
Bref, lorsque j’aurai le goût de ce genre de littérature, je relirai plutôt les oeuvres du maître du genre : Alister MacLean.

« Opération Cornouailles» Jack Higgins
Éditeur : Le Livre de Poche
275 P., 1993
ISBN : 978-2253063520
CCR : 121.ep/HIG

mercredi 21 mars 2007

Compte de mots - 21 mars

« Le jour du jugement » Jack Higgins

Pour me changer les idées, je me suis jeté, dimanche, sur un roman d’aventures et d’espionnage dont l’action se déroule dans l’Allemagne de l’est et de l’Ouest, à la veille de la visite du président Kennedy ( Ich bin ein Berliner ça vous dit quelque chose j’espère !) le 26 juin 1963, à Berlin-Ouest. L’intrigue est assez bien ficelé, efficace et avec une histoire crédible – même si les personnages sont parfois plus grands que nature. C’est le premier roman que je lis de cet auteur. Dans ce roman, il y est question d’enlèvement, de trahison, de bravoure, de peur et, comme tout roman d’aventures et d’espionnage qui se respect… d’amour : Oui, la belle sera sauvée à la fin par le brave capitaine ;-)

C’est loin d’être aussi bon n’importe quel roman du même genre de l’auteur Alister MacLean, mais ça demeure tout de même un bon divertissement.

À lire car bientôt, les deux Allemagnes feront vraiment partie de l’histoire et ceux qui vont écrire sur le sujet, le feront sans avoir connu « le mur »…

Chose étrange, je ne trouve la couverture du livre nulle part (amazon, fnac, livre de poche…).

« Le jour du jugement » Jack Higgins
Éditeur : Le Livre de Poche
287 P., 1991
ISBN : 9782253032052
CCR : 121.ep/HIG

mardi 20 mars 2007

Compte de mots - 20 mars



Lecture dimanche d’un livre plutôt singulier, intitulé « Attaques sur le chemin, le soir, dans la neige » (recommandé par mon libraire chez Gallimard - salutations ô maître Julien). J’avoue ne pas m’être ennuyé. Pas un instant. Déroutant, certes, mais pas ennuyant. L’auteur raconte la vie de Fassbinder avec comme trame de fond les grands « moments » de la bande à Baader et de la Fraction Armée rouge. Le roman est construit un peu comme un documentaire, parfois comme une biographie, passant du JE au IL. Je connais assez bien l’histoire de Andreas Baader, de la Fraction Armée rouge, mais je connais assez peu Fassbinder ; ce qui fait que je naviguais toujours entre fiction et réalité, sans jamais reconnaître le faux du vrai. Singulier oui, mais très efficace. Une expérience de lecture.

Ça demande tout de même un peu d’effort de lecture de la part du lecteur. Ce qui n’est pas une si mauvaise chose.

« Attaques sur le chemin, le soir, dans la neige » Alban Lefranc
96 pages, 2005
Co-édition Le Quartanier et Hogarth Press II
ISBN 2-9808122-7-7
CCR : 131.r/LEF

lundi 19 mars 2007

Compte de mots - 19 mars


Je l’avoue d’emblé, Emmanuèle Bernheim est une auteure que j’adore - et le mot est faible. Son « Vendredi soir » compte parmi ma liste des cinq livres à apporter avec moi sur une île déserte. Le style de l’auteur est terriblement efficace, mais pourrait rebuter les amants de Balzac, de Proust, de Flaubert ; Bernheim va directement au coeur de l’action, sans fioritures, sans description à n’en plus finir sur la tapisserie de la chambre ou sur le comportement d’un être humain, perturbé face à une tâche de confiture à la commissure des lèvres de la bonne de maison ! Dans « Vendredi soir », court roman d’une centaine de pages, tout est dit, tout est raconté en quelques mots. C’est l’histoire d’une rencontre qui ne dure que l’espace d’un vendredi soir. C’est d’une extrême beauté, d’une grande efficacité. Même après plusieurs années, ce roman continue de me hanter.
Avec « Stallone », lu samedi matin, l’auteure nous entraîne dans un récit qui se déroule sur plusieurs années. Mais là encore, tout est dit, tout est raconté, en soixante et une pages !
J’aimerais résumer l’histoire, mais j’aurais peur de ne pas rendre justice à la beauté de ce court roman. Courrez plutôt lire « Vendredi soir » puis « Stallone ».

Un reproche - à l’éditeur : la couverture qui, pour cette édition « populaire », est nulle à ch.... Il faut privilégier la collection « blanche » chez le même éditeur, même si c’est plus chère.


Emmanuèle Bernheim, « Stallone »
Editions Gallimard, Coll. Folio
61 p., 2004
ISBN : 978-2070313365
CCR : 131.r/BER

Compte de mots - 19 mars

Vendredi, j’ai mis à profit une journée de congé pour faire un saut chez mon libraire, rue Saint-Denis (voir mon Compte de mot du 14 janvier). Cet homme est d’une érudition sans fin. Lorsque je suis arrivé à la librairie, il conversait avec un jeune étudiante en maîtrise, au sujet de la revue « Parti pris ». C’était beau de l’entendre parler d’auteurs, de références à des livres, des articles. Il est même grimpé dans une échelle (si ! si ! je vous jure) pour récupérer un livre sur le sujet. Et il fait ça sans jamais donner l’impression de vouloir montrer son savoir, mais plutôt de communiquer avec autrui, sa passion de la littérature. Le genre d’intellectuel avec lequel il est facile d’échanger, sans pour autant passer pour un plouc soi-même.
Bref, j’y ai fais l’acquisition de quelques livres :

01. Anita Brookner, « Lewis Percy »
roman - 121.r/BRO
Ouais, bon, je sais, j’avais pas été très emballé par son roman « Regardez-moi » (voir le Compte de mots du 13 février) mais bon, je ne voulais pas demeurer sur une mauvaise impression. On verra...

02. Olivia, « Olivia »
roman - 121.r/OLI
Euh.. parce qu’il faut apprendre à lire dangereusement, à, prendre des risques, même dans ses choix de livres, j’ai choisi ce livre pour voir jusqu’à quel point je suis un intrépide de la lecture ;-)

03. Kaye Gibbons, « Une femme vertueuse »
roman - 112.r/GIB
J’avais adoré son roman « Ellen Foster » (que je n’hésite pas à considérer comme un classique de la littérature états-unienne ; voir le Compte de mots du 09 janvier)

04. Jack Kerouac, « Le vagabond solitaire »
nouvelles - 112.r/KER
Je voulais relire au moins un de ses romans cette année ; je lirai aussi le recueil de nouvelles.

05. Léon-Paul Fargue, « Le piéton de paris »
(en attente de classification)

06. Alexis de Tocqueville, « De la démocratie en Amérique 1 » regard sur le monde - 131.lm/TOC
et
07. Alexis de Tocqueville, « De la démocratie en Amérique 2 » regard sur le monde - 131.lm/TOC
Plutôt que d’emprunter la route des clichés de « l’Amérique » tel que décrit par Bernard-Henri Lévy dans son bouquin « American vertigo », je préfère marcher dans les pas de Tocqueville qui, au début du XIXè siècle, avait sillonné l’Amérique.

08. Italo Svevo, « Senilita »
roman - 143.r/SVE
Recommandation de mon libraire.

09. Rachel Leclerc, « Ruelle océan »
roman - 111,1.r/LEC
Parce que je lis moins de littérature d’ici depuis quelques temps, je vais m’imposer quelques titres d’auteurs d’ici au cours des prochains mois.

10. Yarbro, Chelsea Quinn « Jacinthes »
science-fiction - 112.sf/YAR

11. Robert Bloch (COLLECTIF) « La quatrième dimension » (Twilight Zone)
science-fiction - 112.sf/COLL


Encore de belles heures de lectures devant moi donc !

vendredi 16 mars 2007

Compte de mots - 16 mars


- « On a tellement préféré, toute sa vie, ceux qui
aimaient Bach, à ceux qui aiment le tango. »
Saint-Exupéry
Lettre à X…, fin décembre 1939
(Les écrits de guerre, 1939-1944)

Cet ouvrage aurait aussi pu porter le nom de « Bloc-notes », en référence au fameux écrits de Mauriac [1] car quelque part, Saint-Exupéry et Mauriac se rejoignent. C’est que chacun à sa façon, ils ont tenté de faire avancer les choses. Engagé dans une cause. Les causes étaient différentes, mais l’écrit les auras réunit.

Les « Écrits de guerre » de Saint-Exupéry, c’est un ensemble de documents, de témoignages parfois inédits, souvent dispersés ou inaccessibles, et qui jette un éclairage direct sur le Saint-Exupéry qui se battait pour la France ; pas pour De gaulle, pas pour les Américains, pas pour Pétain. Un homme d’honneur, un homme d’exception, voilà ce que nous fait découvrir les « écrits de guerre ». Mais on découvre aussi un Saint-Exupéry inquiet, tourmenté, parfois irascible. Mais ce qui m’a le plus surpris, c’est de découvrir, à travers ses écrits, toute la lucidité qui habitait le père du « Petit Prince ». Sur les photos, on le découvre rêveur ; dans ses écrits, on se surprends à découvrir un être lucide face à lui-même et aux événements de l’époque. À lire tranquillement, pour mieux savourer la prose de l’auteur - ça fait maintenant trois mois que je planche sur la lecture de ce livre, terminé hier.


Pour les curieux, je recommande aussi, du même auteur « Carnets », dont j’ai débuté la lecture ce matin et qui fera l’objet d’un compte de mots bientôt.


« Écrits de guerre, 1939-1944 » Antoine de Saint-Exupéry
Édition Gallimard, Coll. Folio no. 2573
Nouvelle édition remaniée en 2000
520 p.
ISBN : 9782070388077

__________
[1] Écrits entre 1952 et 1970, les « Bloc-notes » de Mauriac ont fait l’objet d’une réédition en 5 volumes il y a quelques années. Mauriac a réussit l’exploit d’élever à la hauteur d’un genre littéraire, le journalisme. Je recommande - mais faut avoir une solide culture sur des événements parfois très « made in France » de même que des grands courants de l’actualités des années 50-60).

jeudi 15 mars 2007

Compte de mots - 15 mars

Pour faire suite à mon compte de mots d’hier (lus et relus), voici ma liste des dix livres lus plus d’une fois - et avec un intense bonheur - mais que je ne relis pas tous les ans :

1. « Poèmes » - poésie
Emily Dickinson
2. « Une liaison dangereuse » - correspondance
Isabelle de Charrière
3. « Mémoires d’outre-tombe » - mémoires
Chateaubriand
4. « Vendredi soir » - roman
Emmanuèle Bernheim
5. « Féeries dans l’île » - récit
Gerald Durrell
6. « F.L.Q. » - histoire/politique
Louis Fournier
7. « Maryse » - roman
Francine Noël
8. « Humains aigres-doux » - nouvelles
Suzanne Myre
9. Journal, correspondances, romans, etc. - littérature française
Simone de Beauvoir
10. ses grands romans - romans d’aventures
Alister MacLean

N’allez surtout pas croire que j’ai ajouté le nom de deux auteures d’ici pour faire politiquement correct ; j’ai vraiment relus avec beaucoup de bonheur « Maryse » et « Humains aigres-doux ».

« Mémoires d’outre-tombe » de Chateaubriand occupe une place à part : c’est pour moi une oeuvre phare, mon livre de chevet. C’est dans ce gros livre que j’aime me réfugier lorsque je trouve le monde trop laid... C’est le livre que j’aurais aimé écrire. « Mémoires d’outre-tombe » ferait assurément parti de la liste des cinq livres que j’apporterais avec moi sur une île déserte.

mercredi 14 mars 2007

Compte de mots - 14 mars

lus et relus

Nous avons tous en tête un titre, un livre, un auteur, que nous aimerions relire. Parfois, nous remisons dans nos bibliothèques, dans des boîtes, tel ou tel livre, espérant toujours trouver le temps de relire. Je me suis donné le droit et le temps de relire les livres qui m’ont particulièrement touché.
Voici la liste des dix livres que je relis, généralement une fois l’an.

1. « Un adolescent d’autrefois » - roman
François Mauriac
2. « Notre prison est un royaume » - roman
Gilbert Cesbron
3. « Le matin des magiciens » - essai
Louis Pauwels et Jacques Bergier
4. « Dialogues en ruine » - témoignage
Laurent-Michel Vacher
5. - Au moins une oeuvre des soeurs Brontë - littérature anglaise
Ann, Emily, Charlotte Brontë
6. « Le meurtre de Roger Acroyd » et « Le Noël d’Hercule Poirot » - romans policier
Agatha Christie
7. « Regards et jeux dans l’espace » - poésie
Hector de Saint-Denys Garneau
8. « Journal » (complet) et « Lettres à ses amis » (complet) extraits de « Oeuvres en prose » et « Oeuvres »
Hector de Saint-Denys Garneau
9. « L’affaire Charles Dexter Ward » - fantastique
Howard Philips Lovecraft
10. Au moins un roman de Jack Kerouac - littérature états-unienne

Vous êtes du genre à relire vos livres ? Jamais ? Parfois ? Vous possédez des ouvrages dans votre bibliothèque, dans des boîtes, que vous aimeriez relire ? Vous trouvez ça inutile de relire un livre ?

lundi 12 mars 2007

Compte de mots - 12 mars

Selon l’agence France-Presse à Londres, "Plus de la moitié des Britanniques achètent des livres qu'ils ne lisent pas, simplement pour décorer leur intérieur, selon une enquête publiée lundi. Et même quand ils les ouvrent, bien souvent ils ne les finissent pas, selon cette enquête menée auprès de 4000 Britanniques".
- via cyberpresse
http://www.cyberpresse.ca/article/20070312/CPARTS02/703120942/1017/CPARTS

Hum... Et vous, il vous arrive d’abandonner la lecture d’un livre en cours de route ?
Moi si - et je n’en ai absolument pas honte. Il y a trop de bons livres pour perdre son temps avec de mauvais livres !

samedi 10 mars 2007

Compte de mots – 10 mars



Pour moi, espérer, ça veut dire attendre.
« Rock Springs » de Richard Ford, P. 125


« Rock Springs », c’est le titre phare de ce beau recueil de nouvelles dont j’ai terminé la lecture hier. L’auteur raconte une Amérique dure, qui carbure à l’essence, l’adultère, d’histoires de chasse, de luttes et d’errances. Un monde bien loin des histoires de Walt Disney.

Une fois débuté la lecture, impossible de s’arracher aux nouvelles de Ford. Et si ses nouvelles reflètent le désespoir d’une Amérique « profonde » et pourtant pas si loin de nous, elles ne ferment jamais ou presque la porte sur des possibles, sur d’autres avenues.

Il y a un peu de Faulkner, de Steinbeck et de Hemingway dans « Rock Springs ». Mais je pensais aussi – et surtout – à des auteurs plus modernes, comme Harper Lee, Jim Harrison, Kaye Gibbons, Stewart O’Nan, Tobias Wolff *

À peine terminé, j’ai prêté le recueil de nouvelle à une collègue - Alors Bianca, ça avance la lecture de « Rock Springs » ;-)


« Rock Springs », Richard Ford
Traduit de l’américain par Brice Matthieussent
Seuil. coll. Points nouvelles, no. 403
342 p., 1990
ISBN : 9782020122061
CCR : 112.n/FOR

_______________
* Quelques titres…
Harper Lee : « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » (1960). Un classique de la littérature états-unienne.
Jim Harrison : « Nord-Michigan » (1976). Son autobiographie « En marge » est en soi un roman.
Kaye Gibbons : « Ellen Foster » (1987). Un classique en devenir.
Stewart O’Nan : « Nos plus beaux souvenirs » (2002). Très touchant, d’un réalisme profond.
Tobias Wolff : « Portraits de classe » (2003). À lire, absolument.

mardi 6 mars 2007

Compte de mots - 6 mars



Débuté et terminé hier soir, la lecture du livre « Le tunnel », de Ernesto Sabato. Paru pour la première fois en 1948, le livre est considéré, encore aujourd’hui, comme un des plus grands romans de la littérature latino-américaine.

L’histoire pourrait résumer en quelques lignes :
Lors du vernissage de ses oeuvres, un peintre remarque une jeune femme qui semble s’attarder sur un détail d’une de ses toiles. Intrigué mais gêné tout à la fois, il n’ose l’aborder. Et lorsqu’il trouve le courage de lui parler, c’est trop tard, elle est disparue.
S’en suit alors une longue quête ; pendant des mois il rêve d’elle, de l’amour, de leur rencontre. Cent fois dans sa tête, il se rejoue le scénario de leur rencontre avec chaque fois, une variante. Mais le jour ou il tombe sur elle bien sur, aucun scénario n’est là pour l’aider. À peine ont-ils échangés quelques mots qu’elle disparaît de nouveau. Finalement, de rencontres en rendez-vous, nous allons découvrir l’univers inquiétant deux être attachants et torturés.

C’est une histoire universelle, sans frontière et sans temps. Et avant d’être une histoire d’amour, c’est une histoire sur solitude et de l’incapacité de communiquer.

J’ai l’impression que ce roman va m’habiter longtemps...


« Le tunnel », Ernesto Sabato
Traduit de l’espagnol (Argentine) par Michel Bibard
Seuil, coll. Points
139 p., mars 1995
ISBN 978-2-02-023928-8
CCR : 115.r/SAB

lundi 5 mars 2007

Compte de notes - 5 mars



Merci à C. pour l’inspiration de ce billet...

Depuis quelques jours, je me repasse plusieurs CD de Philip Glass en boucle. Le reproche que j’entends le plus souvent au sujet de Philip Glass, c’est qu’il n’a pas su se renouveler, innover, rejouant toujours les mêmes choses. Ce n’est pas totalement injustifié comme reproche mais en même temps, je m’en fous. J’aime sa musique sérielle, j’aime son approche et réentendre sensiblement la même chose, mais d’un autre angle, ne me gène pas du tout.

Mon initiation à l’univers musical de Philip Glass s’est faite il y a plusieurs années, avec son opéra « Einstein on the beach ». Pas tout à fait l’idée que l’on se fait d’une oeuvre facile d’approche. Mais à partir de ce moment, j’ai voulu tout connaître, tout entendre, de ce grand compositeur de musique sérielle du XXe siècle. Je me suis constitué patiemment une discothèque de ses oeuvres, achetant un à un ses disques, surtout dans l’usagé, car le prix demandé par les grandes surfaces du disques était - et est encore - prohibitif.

Laissant de coté toute sa musique pour films, qui m’intéressait peu, j’ai consacré mes acquisitions sur ses oeuvres les plus connues. Au fil des ans, je me suis mis à écouter, avec plus de sérieux, certaines de ses oeuvres. Dans l’ordre :

Kronos Quartet performs Philip Glass ;
Low Symphony ;
Solo piano ;
The Photographer ;
Music with changing parts ;
Songs from the trilogy ;
Concerto pour violon et orchestre ;
Glassworks ;
Songs from liquid days ;
Koyaanisqatsi.

Pour s’initier à l’oeuvre vocale de Glass, je recommande vivement « Songs from the trilogy », qui regroupe de merveilleux arias de trois grands opéras de Glass (Satyagraha, Akhnaten et Einstein on the beach) sur étiquette Sony. Le talent de Glass éclate au grand jour et les interprètes sont fameux.

Pour ceux que la musique sérielle (répétitive) rebute, je recommande vivement « Kronos Quartet performs Philip Glass » (sur étiquette nunsuch). C’est résolument une musique moderne avec des réminiscences plus »classique » dirons-nous. Et cette interprétation par le Kronos Quartet est impeccable.

Pour une musique plus intimiste, j’insiste pour recommander son « Piano solo ». L’interprétation n’est pas toujours à la hauteur de l’oeuvre (Glass y est parfois maladroit) mais cela ne doit pas vous décourager. C’est véritablement «méditatif » comme musique (sur étiquette Sony).

Enfin, parce que la musique sérielle peut-être très belle, je recommande « Music with changing parts ».


Je suis toujours à la recherche des oeuvres suivantes :
Toutes ses symphonies et spécialement la Symphonie no. 2 ;
Einstein on the beach ;
Music in twelve parts ;
Organ works ;
Satyagraha ;
Akhnaten ;
Music for hands (avec Steve Reich).

Et Steve Reich ? Ouais, bon, se sera pour un autre jour ;-)

Compte de mots – 5 mars

Fiou ! je ne suis plus seul ! Voyez plutôt :

« Je lis trois livres en ce moment.
Peut-être même cinq. Depuis le
premier janvier, j'ai lu ou suis en
train de lire… 22 livres. (Et quand
je dis lire, c'est du début à la fin
sans sauter une ligne.) Maniaque,
je vous dis.
»

Je pourrais être l'auteur de ces lignes, mais non, elles sont de vieux bandit. Vous pouvez lire la suite ici…
http://www.vieuxbandit.org/blog/2007/02/26/lecture-pensees-additionnelles/

vendredi 2 mars 2007

Compte de mots - 2 mars



Moins connu qu’un autre roman policier du même nom (ou presque), « Orient-Express » de Graham Greene n’en demeure pas moins un roman tout aussi efficace. Je n’ai qu’une cinquantaine de pages de lus - sur près de 250 - et je suis tout à fait embarqué dans l’histoire. Dès les premières pages la table est mise, le climat installé. L’intrigue est lente à s’installer et c’est une des forces du roman - un rythme lent mais jamais ennuyeux. Un espèce de huis clos ou des voyageurs, réunis par le hasard, vont, ont le sent, s’unir et se déchirer sur fond de drame.


« Orient-Express » de Graham Greene
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Denise Clairouin
243 P., 1961 (1959 pour la 1re édition en français)
LGF, coll. Le livre de poche No. 425

mercredi 28 février 2007

Compte de mots - 28 février

Dans son blogue en date du 6 février dernier[1], Steve Proulx, de l’hebdomadaire Voir, s’est amusé regarder ce que lisait les usager du métro dans son wagon.

1. L'Alchimiste, de Paulo Coehlo
2. Écritures pour le théâtre - Tome I, de Jean-Pierre Ronfard
3. Last to die, de James Grippando
4. Le journal Métro (9 usagers)
5. Le journal 24h (2 usagers)
6. Le Journal de Montréal (1 usager)
7. Un recueil de textes universitaires. Théories de la communication
8. Un livre "Sudoku Extrême"

Et vous, que lisez-vous dans le métro ?



[1] http://www.voir.ca/blogue/billet.aspx?iIDBillet=4326&iIDBlogue=8#reactions

lundi 26 février 2007

Compte de mots - 26 février



Loin de la science-fiction, loin de la fiction point, j’ai lu aujourd’hui le récit touchant, très touchant et sans complaisance qui raconte l’histoire d’une jeune femme qui se bat contre la maladie et qui, de retour au sanatorium, reçoit une lettre de son amant. Lettre de rupture - ou plutôt, lettre de congé avec ce « Je me marie... Notre amitié demeure... ». À quoi elle répond, avec quelques lettres brèves pleines de regrets, d’amour, mais jamais de faiblesse.

Écrit peu de temps avant sa mort, survenue en 1934, ce récit poignant, resté longtemps introuvable, mérite d’être lu et relu et s’adresse à tous ceux qui ont aimé. Un jour. Et qui n’ont jamais oublié.

« Avec inquiétude, tu demandes : à quoi penses-tu ? »
« Je pense à toi ».
(p. 42)



« Laissez-moi (commentaires) », Marcelle Sauvageot
Phébus. Coll. Aujourd'hui
127 p. 2004, avec une note de l’éditeur et une postface
ISBN : 9782859409623

samedi 24 février 2007

Compte de mots - 24 février


Acquis tout récemment et lu en moins d’une journée, « Univers 1986 » est un recueil de nouvelles de science-fiction. Mais c’est rarement de science-fiction dont il est sujet dans ce livre. D’anticipation, oui. De fantastique, peut-être. D’univers nouveaux passe encore, mais de science-fiction ?
Dans cette pseudo anthologie, on retrouve trois ou quatre textes carrément illisibles, incompréhensibles. Les autres histoires sont sans grand intérêt. Mais parfois, une idée intéressante surgit d’un texte. En voici trois :

1. Dans la nouvelle de John Varley intitulé « Options », il est fait mention d’un quotidien (un journal) nouveau genre, croisement entre le journal papier comme nous le connaissons actuellement, le futur eBook (qui se fait toujours attendre) et la technologie du eInk et ePaper. Cet « appareil » – le bloc info – met à jour les infos et ce, peu importe l’endroit ou le personnage se trouve. J’ai le vague souvenir d’avoir lu quelque part que, dans un film mettant en vedette Tom « going postal » Cruise, un journal nouveau genre faisait un peu la même chose.

2. Dans « Les gens dans les coulisses » de Raphael Aloysius Lafferty, Simon Frakes, conférencier, tente de convaincre une foule de plus en plus sceptique, de l’existence réelle des personnages imaginaires, entre autre tiré des grandes œuvres de la littérature. L’idée est fort intéressante, mais la nouvelle fort maladroite.

3. Dans « Venise engloutie » de Kim Stanley Robinson, sans aucun doute la nouvelle la plus intéressante du livre, Venise est au prise avec des touristes et des chasseurs de trésors – principalement japonais – qui, avec l’accord du gouvernement italien, pilles les ouvrages historique d’une Venise engloutie.

Un bien mauvais livre à vite mettre aux oubliettes.


Collectif, « Univers 1986 »
J'ai Lu, coll. J'ai Lu no. 2012
382 p. 1986
ISBN 978-227-722012-1
CCR : 131.sf/COLL

Compte de mots - 24 février


« Pour les fous de Dieu des deux camps,
le conflit n’est plus seulement national,
entre Israélien et Palestiniens, mais une
guerre de religion entre juifs et musulmans »
Élie Barnavi, (p.54)

Si pour vous Ben Gourion n’évoque rien d’autre que le nom d’un aéroport ou encore que « la guerre des Six-Jours » est le titre du plus récent album d’une étoile pâlissante de star académie, « Israël - Palestine, une guerre de religion ? » n’est sans doute pas un livre pour vous. Pour les autres, curieux de mieux connaître les tenants et les aboutissants du conflit israélo-palestinien, je recommande chaudement la lecture de ce tout petit livre (62 pages). L’auteur, professeur émérite d'histoire moderne à l'université Tel-Aviv, conseiller scientifique du musée de l'Europe en cours de création à Bruxelles et ex-ambassadeur d'Israël en France de 2000 à 2002, synthétise d’une façon absolument remarquable un conflit hyper médiatisé mais dont plus personne en occident ne comprends les enjeux, si ce n’est que quelques spécialistes et exégètes.

La confusion du politique et du religieux dans cette guerre a de quoi en dérouter plus d’un. Surtout pour nous, occidentaux, qui se targuons d’avoir séparer l’état du religieux (ouais, mettons). Et c’est là le danger selon Barnavi ; notre incapacité à comprendre, à bien cerner cette confusion fait que nous refusons de voir dans ce conflit l’aspect religieux, qui est le véritable nœud de la guerre.

Petit livre fascinant à lire et relire pour mieux comprendre ce que nos médias sont incapables d’expliquer.



Élie Barnavi, « Israël - Palestine, une guerre de religion ? »
Bayard Centurion. Coll. Guerre et religion
62 p. (2e édition), 2006.
ISBN : 978-2-227-47562-5
CCR : en attente de classification
(à partir de maintenant, j’inclurai, si possible, la cote de la classification raisonnée, ou CCR)

jeudi 15 février 2007

Compte de mots - 15 février

Visite hier en quatrième vitesse et en pleine « tempête de neige » (ouais, mettons) chez mon libraire de quartier[1]. Je n'avais que quelques minutes de libres et malheureusement, je n’avais pas le temps de regarder sa montagne de littérature en livre de poche nouvellement arrivée - se sera pour une prochaine fois. J’ai tout de même acquis quatre livres de science-fiction et un roman policier :

1. « Histoires de robots » collectif
Pourquoi ? Mais pour compléter ma collection de « La grande histoire de la science fiction ». Il me reste que deux titres à trouver...

2. « Univers 1986 » collectif
Un recueil de nouvelles. Surtout des auteurs états-uniens.

3. « Le temps des genévriers » de Kate Wilhelm
Je sais, je sais, je n’ai pas tellement aimé son « Hier, les oiseaux » mais disons que je suis bon prince et je donne toujours une seconde chance...

4. « L'homme bicentenaire » de Isaac Asimov
Un recueil de nouvelle. Je crois me souvenir que « L'homme bicentenaire » a fait l’objet d’un (mauvais) film avec Robin Williams... Oups, pléonasme ici ;-)

5. « Les aventures de Sherlock Holmes » de Conan Doyle
Un recueil de nouvelles du plus grand détective. Probablement la dernière chose qu’il me restait à lire de Sir Conan Doyle sur Sherlock Holmes.

La même journée, j’ai passé une commande de trois livres neufs à mon ami et libraire, chez Gallimard (yo ! Maître Julien) :

1. « Bush s'en va-t-en guerre » de Bob Woodward
Gallimard, coll. Folio document, poche, 560 pages

2. « Plan d'attaque » de Bob Woodward
Gallimard, coll. Folio document, poche, 644 pages.

3. « Liaisons morbides[2] » de Cecilia Stefanescu
Phébus, coll. D’aujourd’hui. Étrangers, 176 pages.

J’avais commandé un quatrième livre, mais malheureusement, il s’avère qu’il est épuisé - le livre, pas mon ami libraire ;-)

4. « La vie secrète de Walter Mitty » de James Thurber
10/18, poche, 210 pages.

Me reste plus qu’à faire le tour des boutiques de livres usagés pour trouver ce livre !

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[1] voir mon compte de mots du dimanche 14 janvier 2007
[2] initialement, le livre devait s'intituler « Liaisons perverses ». Les censeurs du politiquement correct ont sans doute jugé que morbides passait mieux !

mardi 13 février 2007

Compte de mots – 13 février



J’ai débuté hier la lecture d’un roman conçu comme un long monologue : « Regardez-moi » de Anita Brookner. Auteure anglaise et professeure d’histoire de l’art, Anita Brookner pratique l’art de la dérision - et l’auto-dérision - avec aplomb. Mais ce qu’elle raconte est triste. Le quotidien de son héroine est d’une banalité, d’une tristesse un peu bête. Bête parce que la banalité de la vie de l’héroïne est un choix. Son choix. Et c’est à travers un long monologue que l’on découvre la banalité des choses, des rencontres, des êtres. Ce qui sauve le roman ? se sont ces quelques phrases, parfois ironique, parfois tellement criantes de vérité, qui jalonne le texte. Mais c’est long un monologue de 226 pages... Et dire que que la presse Britannique a évoquée les soeurs Brontë en parlant de l’oeuvre de Anita Brookner...


« Regardez-moi », Anita Brookner
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Fanchita Gonzalez-Batlle
Point, Coll. Roman
226 p. 1986
9782020099097