vendredi 27 mars 2009

Compte de notes - 27 Mars




L'Art de la fugue ; encore un peu plus loin...

«S'il me fallait désigner le sommet de la création humaine,
je nommerais l'Art de la Fugue
».
- Jean Le Moyne, Convergences, 1960

Je me souviens d'un passage du film «Children of a lesser God» ou William Hurt tente d'expliquer à Marlee Matlin (qui est sourde), ce qu'est la musique de Bach, par la gestuel du langage ; il met sa main gauche sur son coeur (l'émotion, la musique) pendant que son bras droit est tendu vers le ciel (Dieu, l'absolu). Tranquillement, il fait se rapprocher ses deux mains pour unir l'index et le pouce de la main droite avec l'index et le pouce de la main gauche pour en faire ruban de moebius : une fusion complète. Naturellement, il échoue lamentablement à faire comprendre la musique et Bach à une sourde. Je n'ai gardé aucun souvenir de la pièce de Bach que l'acteur écoute au moment de cette scène, mais L'Art de la fugue (die Kunst der Fuge, BWV 1080) aurait pu y figurer tellement cette oeuvre s'approche de la perfection ; «die Kunst der Fuge» est un modèle absolu de rigueur et de perfection du style contrapuntique, ce qui permet à l'oeuvre d'atteindre des sommets sans doute inégalé dans toute l'histoire de la musique occidentale (rien de moins !)

Ce long préambule pour vous dire que j'ai acquis dimanche, chez Sillons, le die Kunst der Fuge de Bach, dans sa version pour orgue, avec André Isoir aux claviers. Une version récompensée par rien de moins que par un Diapason d'or, un Choc du monde de la musique et finalement, couronnée par un Grand prix du disque. C'est une très belle interprétation - quoi que je trouve discutable le choix de l'ordre des contrepoints, mais Isoir étant de la vieille école, son choix ne me surprends guère. Pas vraiment un bémol cependant. Pour quiconque aime l'orgue, je recommande cette version, une des très belles qu'il m'ait été donné d'entendre sur disque, dans une version pour clavier. André Isoir, en vrai poète du clavier, appuyé il est vrai par des sonorités d'un orgue absolument magnifique, permet à cette musique presque mathématique, d'atteindre un degré quasi extatique. On «sort» de cet enregistrement un peu bousculé devant tant de de pureté et de beauté. Mais je préfère encore l'excellente version de Bernard Lagacé chez Analekta ; brillante, inspirée, cette version touche au sublime dans certains passages. Enregistré sur deux CD - contrairement à la version de Isoir qui fait tout de même 78 minutes - Lagacé n'a pas hésité a faire toutes les reprises (de ce que j'en connais du moins ; je ne suis pas un spécialiste...). Cela apporte une autre dimension à l'oeuvre. Comme une profondeur, une méditation sur le sens et la place de l'être humain ici, maintenant. On dépasse le sublime pour toucher le mystique, l'indicible...

L'Art de la fugue, longtemps considérée comme le testament de Bach - à l'image du Requiem de Mozart - est resté inachevée (même si ce n'est pas l'opinion de tous. Voir Wikipédia à cet effet). Il ne faut donc pas se surprendre si au beau milieu d'une mesure (contrapunctus 19), paf ! plus rien : la musique s'arrêtant brutalement - ou demeurant comme suspendue...

Pour quelqu'un qui n'aime pas trop l'orgue ou qui ne connaît pas cette oeuvre et qui souhaiterait acquérir l'Art de la fugue, je conseillerais peut-être - malgré ses imprefections - la version pour orchestre de St-Martin-in-the-Fields et Neville Marriner ; c'est moins «austère» que l'orgue.

Me reste plus maintenant qu'à mettre la main sur la version - malheureusement demeurée incomplète - enregistré par Glenn Gould. Et tant qu'à rêver, j'aimerai bien mettre la main sur le coffret de 22 CD - l'intégrale en fait - des oeuvres pour orgue et autres oeuvres pour clavier de Bernard Lagacé, chez Analekta - P.S. mon anniversaire c'est bientôt ;-)

Je possède en tout huit versions du «die Kunst der Fuge» (dont une surprenante version pour quatre saxophones !) Voici la liste :

En CD :
1. Quator de Saxophones (Quatuor de saxophones Nelligan)
2. Orchestral (St-Martin-in-the-Fields, Neville Marriner. Philips)
3. Orgue (Bernard Lagacé, Analekta. 2 CD)
4. Orgue (André Isoir, Caliopée)

En vinyle :
1. Orchestre de chambre (Orchestre de chambre de La Sarre, Karl Ristenpart. Musidisc - Richesse classique)
2. Orchestre de chambre (Ensemble Wolfgang Von Karajan, Carl de Nys. A. Charlin Disques)
3. Orgue (Helmut Walcha. Archiv Produktion)
4. Clavecin (Davitt Moroney. Harmonia Mundi)



Note : je comprends toujours pas pourquoi le prix des disques dits classiques est toujours aussi élevé chez un disquaire ; ce n'est pas propre a Sillons de vendre si cher : c'est partout pareil ! Je suppose que c'est le prix a payer pour avoir de la musique «sérieuse».... Je vais continuer a acheter chez Amazon...

vendredi 6 mars 2009

Compte de notes - 06 Mars



Photo de l'auteur. Orgue de l'oratoire St-Joseph, Montréal. 1er mars 2009.


Je suis un passionné de musique pour orgue. Je n'ai jamais vraiment compris comment la musique pour orgue était arrivé dans ma vie ; du baroque de Buxtheude en passant par le mysticisme de Max Reger, du groupe Harmonium (si ! si ! )* en passant par Pachelbel, Bach, ou la musique en phases de Steve Reich et répétitive de Philip Glass, la musique pour orgue me fascine depuis toujours. Pourtant, d'aussi loin que je me souvienne, il n'y avait pas de musique pour orgue à la maison. Je crois que ma mère, qui possédait pour l'époque une quantité assez incroyable de vinyles, n'avait pas un seul disque dédié à la musique pour orgue. Encore plus drôle : je n'ai assisté qu'a deux concert d'orgue dans ma vie, dont un était.... une répétition (je ne devais donc pas être là en principe) ! Donc, le mystère demeure entier ! Bref, en feuilletant la revue «À rayons ouverts» de la BAnQ (qu'un copain m'a fait parvenir en PDF sans savoir que j'étais déjà abonné à la version papier) je suis tombé sur un article très intéressant - quoi que trop court - de Élisabeth Gallat-Morin sur «Le livre d'orgue de Montréal». «Le livre d'orgue de Montréal» c'est le plus volumineux manuscrit de musique d'orgue française de l'époque de Louis XIV à nous être parvenu. Et c'est à Montréal, dans le fonds Jean-Joseph Girouard conservé à la fondation Lionel-Groulx, que fut découvert le manuscrit de 540 pages, en 1978. On sait fort peu de chose de ce manuscrit : il fut apporté de France en 1724 part un jeune clerc sulpicien du nom de Jean Girard. Seuls 16 des 398 pièces ont pu être identifiées ; elles sont de Nicolas Lebègue, un des quatre organiste du Roi. Le reste demeure anonyme.

Une partie de ce manuscrit a fait l'objet d'un enregistrement sur deux CD en 1983, avec Kenneth Gilbert à l'orgue, et paru en 1994 chez Analekta. À ma connaissance, personne n'a enregistré ce volumineux livre d'orgue au complet et c'est bien triste car c'est une musique tellement belle et accessible aussi. C'est souvent avec «Le livre d'orgue de Montréal» que j'initie mes amis à la musique pour orgue - oui, oui, avant Bach ! Je possède ce coffret depuis 1995 ou 1996 et je ne me lasse pas de l'écouter encore et encore.

On peut consulter le fac-similé du manuscrit original ou son édition moderne - et même écouter les enregistrements sonores d'une sélection de pièces ici (pour mordus seulement !)


«Le livre d'orgue de Montréal»
Coffret de deux CD
Kenneth Gilbert, orgue.
AN 2 8214-5

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* «Lumière de vie», album «l'Heptade» à 13'29'' jusqu'à la fin


mardi 3 mars 2009

Compte de mots - 03 Mars


«Les deux» Claudel

Moi qui ne suis pas amateur du genre biographie, mais alors là pas du tout, je me suis laissé convaincre de lire «Camille et Paul, la passion Claudel»* de Dominique Bona. Comment j'ai trouvé ? J'ai pas tellement aimé ça finalement. C'est pas mal écrit mais c'est pas superbement bien écrit non plus. Il y a des redites (nombreuses), des erreurs, etc. Bref, il manque à ce livre un véritable boulot d'édition [1].

Je ne doute pas un seul instant de la passion de l'auteure de cette biographie pour les Claudel, mais le «message» ne passe pas, tout simplement. On lit ça sans véritable émotion. J'ai tout de même appris quelques trucs, essentiellement sur la vie passablement dissolue de Paul Claudel : encore un autre qui cite la bible et Dieu à tout moment, mais qui entretien des maîtresses - toujours les mêmes !

En jetant un oeil en librairie l'autre jour, j'ai constaté que Paul Claudel s'efface tranquillement du paysage de la littérature française - non mais sérieusement, vous avez lu du Claudel récemment vous, ou assisté à une représentation du « soulier de satin» ? Alors que Camille, qui était tombée dans l'oublie le plus profond, refait surface depuis près de vingt ans. Au point de passer au premier plan, d'être le Claudel le plus souvent cité dans les conversations, ainsi que l'avait prédit Eugène Blot, un ami de Camille Claudel : le temps a «tout remis en place» ; aujourd'hui, nul ne doute de l'immense talent de Camille Claudel.

On pourrait dire que le nom de Claudel a désormais deux visages, celui de Paul et celui de Camille.



* Grand Prix littéraire des lectrices de Elle France 2008


Camille et Paul, la passion Claudel
Dominique Bona
Éditions France-Loisirs
Paris, 403 pages. 2007 pour cette édition.
131.b/CLA
97822298004649

_______________
[1] éditer un livre, c'est un métier. Un métier qui se perd. Forcément car les maisons d'éditions, qui sont de plus en plus la propriété d'actionnaires, sont beaucoup plus avides de gains monétaire que de qualité littéraire. Alors bien sur, pour donner plus de sous aux actionnaires, on coupe ça et là dans le personnel qualifié. Couper dans le travail d'édition, ça veut dire entre autres ne faire qu'une relecture rapide de la première - et souvent seule - épreuve , ne pas corriger telle ou telle faute en se disant que l'on corrigera lors d'une réimpression, etc. Résultat : des livres sans saveurs, comme vos aliments en épicerie : vous savez, comme le goût de vos fraises en janvier... Bref, je m'égare. Mais essentiellement, cette biographie souffre d'un mal de plus en plus répandu : l'absence d'un véritable travail d'édition...

Radio - 03 Mars





Je m'ennuie de Marie-France Bazzo...

lundi 23 février 2009

HAL - 23 Février


Voici ce qu'il y avait sur l'écran de mon ordinateur ce matin ;-)
















(cliquer sur l'image pour l'agrandir...)

mercredi 18 février 2009

Bad Photoshop - 18 Février





Si c'est un produit pour PC, pourquoi diable photographier un MacBook Pro d'Apple ;-)

Classer ses livres, la suite - 18 Février


Classer ses livres, la suite (mais pas la fin)



Un ami me demandait l'autre jour comment faire pour créer une structure de classification minimaliste de ses livres (pour une distinction entre classification et classement - très important - voir plus bas). Je me suis penché sur le problème - un tout petit problème en fait - et je suis arrivé avec trois propositions :

important : sachant que l'ami en question possède grosso modo 300 livres, il pourrait se conter de diviser ses livres en deux catégories :

Fiction
Non-fiction


À l'intérieur de chacune des catégories, il pourrait tout simplement classer par sujets : Par exemple, dans la catégorie Fiction, il pourrait créer un regroupement pour la «SF et le fantastique», un autre pour le «polar et l'aventure», un autre avec la «littérature», etc.
Pour la catégorie Non-fiction, il pourrait créer un regroupement pour les «sciences», un autre pour les «techniques», un autre pour «l'art», etc.
En fait, tout dépends de ses centres d'intérêts (nombreux ou non ?) et du nombre de livres car si ce même ami avec plus de 500 livres, je lui proposerai plutôt un des deux scénarios suivants :

Fiction
Non-fiction

Arts (ou Science)

ou


Fiction
Non-fiction
Arts
Sciences

Tout comme pour le premier exemple, l'ami en question pourrait regrouper, à l'intérieur de chacune des catégories, des livres par sujets. Mais il pourrait tout aussi bien le faire par couleur, ordre alphabétique d'auteur, etc. Par contre, ce qu'il est important de comprendre c'est qu'aucun système n'est parfait : du plus simple au plus sophistiqué, ils ont tous des failles. Il faut apprendre à composer avec les failles. Et puis, il ne faut pas toujours mettre la faute sur la structure de classification ; c'est parfois nous même, avec notre système de recoupement bien personnel de ce qui devrait et en devrait pas se côtoyer, qui sommes responsables des faiblesses de la structure de classification !

Et n'oubliez pas qu'aucun plan ne saurait complet sans un inventaire (è faire dans dans excel, FileMaker Pro, etc.) avec une localisation pour chacun des livres.




Distinction à faire entre classement et classification.

Le classement et la classification sont deux choses complètement différentes : le classement c'est l'action physique de classer. Ranger un livre dans un bibliothèque c'est classer. La classification elle, c'est l'opération intellectuelle. C'est l'idée. Le concept.

Pas encore convaincu ? un exemple concret pour vous aider a vous y retrouver entre classement et classification ;
chez-moi, la littérature française se retrouve sous la cote 131 :
1 pour littérature et 31 pour la France. Prenons quatre ouvrages d'un même auteur. Prenons le cas de Jean-Paul Sartre. La classification (le concept) de tous les ouvrages de Sartre sont réunis sous une même cote (seul le genre diffère) :

«Le diable et le bon Dieu» a la cote 131.t/SAR
1 = littérature
31 = France
t = théâtre
SAR = Sartre (trois premières lettre du nom)

«Journal de la drôle de guerre» a la cote 131.j/SAR
1 = littérature
31 = France
j = journal
SAR = Sartre (trois premières lettre du nom)

«Les chemins de la liberté» a la cote 131.r/SAR
1 = littérature
31 = France
r = roman
SAR = Sartre (trois premières lettre du nom)

«Les mots» a la cote 131.ab/SAR
1 = littérature
31 = France
ab = autobiographie
SAR = Sartre (trois premières lettre du nom)

Ça, c'est la calssification. Mais par choix, les quatre livres ne sont pas classé physiquement au même endroit. J'ai classé «Le diable et le bon Dieu» avec le théâtre français (cotoyant ainsi les oeuvres de Beaumarchais, Voltaire, Molière, Marivaux, etc.). Le «Journal de la drôle de guerre» est classé avec les «journaux» (avec Simone de Beauvoir, Saint-Denys Garneau, etc.). De même que «Les chemins de la liberté» est classé avec les romans français du XXe siècle et enfin, «Les mots» avec, vous l'aurez deviné, les autobiographies.

Donc, pour résumer, la classification réunit (intellectuellement) dans mon exemple, l'oeuvre de Jean-Paul Sartre. Mais pas le classement physique.

En fait, pour être parfaitement honnête avec vous, j'ai regroupé physiquement l'oeuvre de et sur Sartre en Corpus. Donc, physiquement, tout est ensemble - contrairement à ce que je viens de démontrer ! perdu ;-)


Compte de mots - 18 Février


La pomme pourrie du panier




Deuxième roman réussit pour cette auteure qui fut à la tête de MI5* pendant cinq ans (de 1992 a 1996). Et on nage toujours en plein complot avec le roman, mais cette fois-ci, la menace vient de l'intérieur : une taupe au sein du MI5.

L'action débute à Londres, dans une librairie où des mouvements suspects et surtout, la présence d'un imam fondamentaliste laisse présager des jours sombres. Une surveillance étroite de l'endroit est mise en place, deux pièges sont tendus mais malgré tout, le plan échoue lamentablement, avec mort d'homme. Comment en est-on arrivé là ? En même temps, en Irlande, un des chefs de l'IRA confesse, sur son lit de mort, l'existence d'une taupe dans les services secrets anglais. Deux histoires qui finiront par n'en faire qu'une. Et c'est Liz Carlyle qui au bout du compte, et avec l'aide de ses collègues, est chargée d'élucider le cauchemar : l'identité de la taupe.
Mais il y a plus ; on découvre bientôt que la taupe, aidé de trois jeunes indo-pakistanais, va tenter de commettre un attenta dans Oxford, lors d'une cérémonie officielle. Mais où, quand et surtout, comment ?

Si le rythme du roman est un peu lent au début, la tension monte tout au long du roman pour culminer jusqu'à la conclusion. Mais si la taupe est démasqué, les motivations sur son geste ne sont pas tout à fait résolus au yeux de Liz Carlyle.

Stella Rimington a réussi à faire de son personnage (Liz Carlyle) un être crédible, bien ancrée dans la modernité, tout en s'inspirant ouvertement du personnage de George Smiley, le principal héros de John le Carré, ainsi que de sa propre carrière.

Mais avant de vous lancer dans la lecture de ce livre, je vous recommande plutôt de débuter par le premier de cette «série», intitulé «L'invisible» et maintenant disponible en version poche.



«L'un des nôtres»
de Stella Rimington
Traduit de l'anglais (Royaune-Uni) par Maryvonne Ssossé
Édition du Masque, collection Grande diffusion
Paris, 2007 pour cette édition. 382 pages.
ISBN : 9782702433126
CCR : 121.rp/RIM

_____________
* MI5 pour Military Intelligence, section 5 est le service de renseignement britannique, responsable principalement de la sécurité intérieure du Royaume-Uni et du contre-espionnage. Source : Wikipédia



Acquisition - 18 Février



Acquisitions de livres




Courte visite chez Gallimard samedi dernier - en l'absence de mon ami et libraire (qui est en vacances) je ne me suis pas attardé ; je vous expliquerai peut-être un jour pourquoi ma fidélité à la librairie Gallimard ne survivra pas au départ de cet ami. Bref, j'ai acquis onze livres : dix pour moi et un cadeau.

01. Bob Woodward «Mensonges d'État : Comment Bush a perdu la guerre» (essai) E.U.
02. Jacques Bonnet «Des bibliothèques pleines de fantômes» (essai) France
03. John Updike «Jour de fête à l'hospice» (roman) É.U.
04. James Thurber «La vie secrète de Walter Mitty» (roman) É.U.
05. Emmanuèle Bernheim «Le cran d'arrêt» (roman) France
06. Patrick Modiano «Dans le café de la jeunesse perdue» (roman) France
07. Ruddy Doyle «La femme qui se cognait dans les portes» (roman) Irlande
08. Tobias Hill «Le cryptographe» (roman) R.U.
09. Joanne Harris «Classe à part» (roman) R.U.
10. Nadine Bismuth «Êtes-vous marié à un psychopathe ?» (nouvelles) Québec

Le onzième ? Pfft ! vous saurez-pas puisque c'est un cadeau ;-)


mardi 17 février 2009

Compte de mots - 17 Février


Une histoire américaine, dieu en moins.




De par sa façon déroutante a raconter une histoire et à cause de l'absence d'un fil conducteur dans cette même histoire (du moins, au début), j'aurai dû détester le roman ; j'ai plutôt aimé finalement. Ce qui sauve la mise c'est l'humour de l'auteur - et la fin du roman - qui vient racheter les faiblesses générales du livre.

L'histoire est fort simple, mais un brin tordu : en 1969, dans une petite ville universitaire de la Californie, la famille Wright et quelques proches s'apprêtent à vivre une suite de bouleversements qui aura des conséquences graves dans le futur : c'est qu'un écrivain prometteur, de passage dans la famille Wright pour l'action de grâces, va «perdre» le manuscrit qui lui aurait permit de voir sa carrière d'écrivain enfin confirmé. À partir de là, le monde tranquille de cette famille tordue va s'effriter. La «perte» du manuscrit aura des conséquences dans la vie de tous les individus sur place pour l'action de grâce, même de pour l'unique narratrice du roman, Judith Denham (dit Denny), «amie» de la famille et surtout, secrétaire (et accessoirement) maîtresse du père.

Si l'histoire se déroule sur 30 ans, on ne sens pas le poids des années qui passe, pas plus que les changements - c'est qu'entre 1969 et 1999 il s'est passé beaucoup de choses dans la société américaine. Mais pas dans le roman ! Même les personnages n'ont pas l'air de vieillir. Mais l'auteur brosse tout de même un bon portrait sur la société et le moeurs d'une certaine intelligentsia universitaire et ce, même si son humour et sa description du milieu universitaire n'est pas aussi caustique qu'un David Lodge par exemple.

Il faut garder en tête que la traduction d'un ouvrage se déroulant dans la société étasunienne n'est pas toujours aisée ; les mots pour le dire manquent cruellement parfois. C'est le cas avec le roman de David Leavitt. Ainsi, les quelques renvois en bas de pages ne sont pas superflus. Mais traduire un «tv dinner» par un «plateau-télé»* c'est pas la trouvaille du siècle !

La fin surtout réserve une surprise. Je ne m'y attendais pas.


En résumé, c'est pas un grand roman, mais j'ai passé un bel après-midi en compagnie de la famille Wright et de sa narratrice, Judith «Denny» Denham


Le manuscrit perdu de Jonah Boyd
de David Leavitt
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Philippe Rouard
Titre original : The Body of Jonah Boyd
10/18 Domaine étranger
Paris, 2008 pour cette édition. 270 ages.
ISBN : 9782264044686
CCR : 112.r/LEA


___________
* pour les moins de 30 ans - ou pour nos lecteurs européens - un «tv dinner» était supposé représenter une avancée dans l'art de manger. C'est un concept qui est né aux États-Unis : un repas congelé et présenté dans une assiette d'aluminium et compartimenté : un compartiment pour les pommes de terre, un autre pour la viande, un autre pour un légume et un quatrième pour le dessert. Il suffisait de réchauffer le plat dans la cuisinière (c'était avant l'arrivé des fours à micro-ondes). C'est un plat qui se mangeait devant la télévision, d'où le nom de «tv dinner». Cliquer ici pour une photo d'un tv dinner...

lundi 16 février 2009

Compte de mots - 16 Février




«Je sais seulement que je veux survivre - à l'encontre de toute raison, absurdement, comme une bête.»
P.387



Une femme à Berlin - Journal 20 avril 22 juin 1945.

J'ai lu ce très beau livre - un journal en fait - la fin de semaine dernière. C'est une histoire vraie et très touchante, un témoignage précis sur la libération de Berlin par les Russes, vécue au quotidien par une journaliste et les habitants d'un immeubles en ruines.
«Me revoilà dans notre cave-caverne, lundi, 20 heures. Ce soir nous avons entendu les premiers points d'impact de l'artillerie, juste au coin de la rue.»
P. 51

Ce «journal de guerre» raconte un pan d'histoire absent la plus part du temps de nos livres d'histoires ; c'est l'histoire de la destruction d'une ville, de la famine, des maladies, de morts, de viols aussi (cent milles berlinoises sur une population de 4 millions).
«Je sors vérifier dehors dans le couloir sombre. C'est là qu'ils m'attrapent [...] je crie, je hurle... Derrière moi j'entends claquer la lourde porte de la cave. [...] Tous deux s'emparent de moi, me jettent à terre. [...] En haut, j'aperçois l'un un des deux qui monte la garde [...] pendant que l'autre arrache mes sous-vêtements, force son chemin avec violence...»
P. 91

C'est aussi l'histoire d'un monde qui se désagrègent : la fin d'un règne (le IIIe Reich) et le début d'un autre (l'occupation Russe). Il y a aussi la faim qui vire à l'obsession, les vols (quasi banal), l'absence d'électricité, d'eau, de gaz, les rumeurs les plus folles qui courent. Et la vie qui se poursuit.
«Ici et là, devant une porte, une femme, une jeune fille : les traits bouffis, le regard vide. Leur visage révèle qu'ici la guerre vient de se terminer, il y a quelques jours à peine. Les gens ne sont pas encore ressaisis, ils sont encore sous le choc...»
P. 248

Cette journaliste restera «anonyme» pour toujours ; C'était son souhait, lors de la première parution de son journal en 1954, de demeurer anonyme. Décédée en 2001, elle restera anonyme pour la grande majorité d'entre-nous. Celle qui écrivait vouloir «survivre à l'encontre de toute raison» nous aura laissé un témoignage d'une grande force, d'une grande importance.



Une précision : ce journal n'est pas un faux. La précision n'est pas superflue car n'oublions pas qu'il y a plusieurs années, un journal allemand (le Stern je crois) avait acheter à fort prix - et fait publier en partie, avec la caution d'un éminent spécialiste britannique, des carnets attribué à Hitler. Problème ; les carnets étaient faux ! La même chose est arrivée avec la publication du journal de la femme du dictateur roumain Ceausescu, journal qui s'est avéré être lui aussi un faux.

Une femme à Berlin - Journal 20 avril 22 juin 1945
Traduit de l'allemand par Françoise Wuilmart
Gallimard, Folio no. 4653
Paris, 2008 pour cette édition. 394 pages.
ISBN : 9782070349494
CCR : 141.j/ANO


mardi 10 février 2009

Pas de PAL - 10 Février



Un PAL d'Apple...

Contrairement a beaucoup de blogueurs aimant les livres, je n'ai pas de PAL (Pile à lire). Pas de PAL avec tous les livres que j'achète à tous les mois ? Hé oui ! C'est que dès que j'achète un livre, je l'indexe dans ma base de données de livres et hop ! je le classe dans une des bibliothèques. De cette façon, lorsque j'ai le goût de débuter un nouveau livre, je ne me laisse pas guider (ou dicter) par une pile mais bien par ce que j'ai le goût de lire : un policier ? de la poésie ? un essai ? de la littérature ? Je me dirige vers mes bibliothèques et je choisis. C'est aussi simple que ça. D'aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais eu de PAL.

Je n'ai pas d'endroit particulier pour lire non plus. J'ai bien être assis sur la chaise que j'ai acquis en mars 2007 (ici et ici) mais que cette chaise soit dans le bureau, le salon ou sur le balcon m'importe peu : l'important, c'est d'être au soleil - ou près d'une fenêtre. Une place où je ne lis jamais ? Au lit. Et sous la douche aussi ;-) Vous savez tout maintenant !


lundi 9 février 2009

Statistiques - 9 Février



Source de la photo

Selon une enquête de Statistiques Canada intitulée «Enquête sur les dépenses des ménages», chaque ménage canadien dépense en moyenne 108 $ par années pour l'achat de livres. Il n'y a pas si longtemps, c'était plutôt de l'ordre de 86$ par année. On regarde ça et on se dit : bravo ! Mais ce que j'ignore c'est si le montant de 108$ inclut l'achat de livres scolaires (manuel, cahier, dictionnaire). Parce que si c'est le cas, au prix où sont les livres scolaires, ça laisse plus beaucoup de place pour la «littérature». De plus, chez les jeunes ménages, l'achat de livres pour enfants (des livres d'images, de contes ou pour le bain) sont monnaies courantes : ça aussi c'est inclut dans le 108 $ ? Si c'est le cas, il n'y aurait même plus assez d'argent pour acheter le tout nouveau Dan Brown ;-)

Je serais curieux de connaître les chiffres pour les États-Unis et la France.

En jetant un oeil sur mes achats de livres depuis deux ans, soit depuis que j'indexe mes achats dans une feuille Excel, je constate que 108 $ c'est à peu près le montant d'argent que j'investis dans l'acquisition de livres, mais par mois ! Autre constat, la moitié du temps, j'achètes des livres neufs ; l'autre moitié, des livres usagés. Et c'est en janvier et février que je fais le moins d'achats de livres. Et je risque une prédiction : je vais acheter moins de livres cette année. Pourquoi ? ma réponse dans mes billets du 2, 3 et 5 février ;-)

Et vous, vous faites le compte de vos acquisitions de livres ? C'est plus ou moins que 108 $ par année ?

Ah ! oui, sont exclues de cette enquête :
- les personnes qui vivent dans les réserves indiennes ;
- les personnes vivant dans des résidences pour personnes âgées.

Ma question est pourquoi ? Les indiens ne savent pas lire ? Les personnes âgées ne lisent plus ? Les personnes âgées et les indiens ne sont pas dignes d'intérêts ? Ah! bon... Ça en dit beaucoup sur une société ça, non ?

Techno - 9 Février


On pourrait en rire, mais je n'aime pas rire du malheur des autres :


Source de la photo.

«A computer virus hit the Vancouver school district on January 7, forcing
10,000 PCs off-line so district IT staff could wipe them clean, an arduous
undertaking that, three weeks later, remains unfinished.
» [1]

Oui, 10,000 PC ! Comment un simple virus (un ver en fait) arrive à mettre K.O jusqu'à 10,000 PC

«someone on one of the district's computers could have downloaded an
e-mail attachment containing a virus, visited a corrupt website, or used a
USB stick and unknowingly transferred corrupt files from a home to school
machine. Once the virus enters a computer system, it can attach itself to
e-mails and documents
». 

«Since the virus replicates itself from one computer to the next, staff were
instructed to shut down every computer in the school district.
»

«There are more than 10,000 computers in the district, each of which had
to be shut down and disconnected from the network, then individually
scanned and repaired if necessary
» [2]


Et qu'en est-il des ordinateurs Mac ?
«a Macintosh computer lab funded by the Parents Advisory Group at one
school in the district was unaffected by the problem.
» [1]

Une des nombreuses raisons qui m'incite à continuer d'utiliser les produit Apple c'est justement l'absence quasi totale de virus. Mais maintenant que Apple frise les 10% des parts de marché dans le monde - ça se fait au détriment de Windows - je ne serais pas surpris de voir débarquer quelques virus juste pour les Mac en 2009. On comprends mieux pourquoi OS X 10.6 (white leopard), la prochaine mouture du OS de Apple, sera surtout axé sur la stabilité et la sécurité et moins sur la nouveauté[3]. On dit aussi que le prochain OS de Microsoft (Windows 7) sera plus stable et mieux protégé contre les virus. Mais c'est une promesse qui avait été faite pour XP et vista et dans les deux cas, ça c'est avéré complètement faux.

______________
[1] http://cultofmac.com/macs-withstand-vancouver-virus-attack/7797
[2] http://www.globaltv.com/globaltv/bc/story.html?id=1237589
[3] avec OS X 10.5 c'est plus de 300 nouveautés qui auront finalement été intégré au OS.

vendredi 6 février 2009

Classement : question-réponses - 6 Février


Parce qu'il est question de classement, ou en guide de réponse.




Vieux bandit et moi discutons souvent classement par commentaires interposés. J'ai décidé de reprendre un bout de «conversation» avant tout pour lui répondre mais aussi, pour vous faire complices de nos échanges car ses questions ne sont pas dénués d'intérêts pour quiconque cherche un moyen de classer ses livres...

Dans un précédent commentaire, j'expliquais que pour mieux retrouver mes livres dans mes bibliothèques, j'avais créé un champ dans ma base de données de livres qui indiquait où était classé le livre physiquement, c'est-à-dire dans quelle bibliothèque et sur quelle tablette. Pour se faire, j'ai tout simplement utilisé l'alphabet pour coder la bibliothèque et les chiffres pour la tablette. C'est ainsi que «L'Amérique au jour le jour» de Simone de Beauvoir est classé dans B3 (bibliothèque B tablette 3). Toujours selon le même principe, «Ensemble c'est tout» de Anna Gavalda est classé dans A6 (bibliothèque A tablette 6), «La chute du British Museum » de David Lodge en C2 (bibliothèque C tablette 2), etc.

- (Vieux Bandit) Ton idée de tablette et bibliothèque... m'abasourdit! C'est génial!
- (Moi) Merci ;-) En fait, l'idée de donner une localisation à un livre c'est que ça évite de t'obliger à regrouper «physique» l'oeuvre d'un même auteur, si ce n'est pas ton but. Par exemple, nous savons que Simone de Beauvoir a touché à tout ou presque ; romans, récits, théâtre, philosophie, journal intime, correspondance, féminisme (et j'en passe). Il y a grosso modo trois façons de classer son oeuvre [1] :

1. Soit tu ranges un peu n'importe où son oeuvre dans tes bibliothèques (là où il y a de la place mettons).
Avantage : à force de chercher, tu risques de tomber sur un tout autre livre que tu pensais définitivement perdu (sans pour autant mettre la main sur le livre que tu cherches spécifiquement).
Inconvénient : le temps passé à chercher un livre (le temps passé à chercher un livre est proportionnel au bordel de tes bibliothèques, au nombre de livres et a l'éparpillement de tes bibliothèques dans les différentes pièces de la maison).

2. Soit tu déclasses son oeuvre en autant de disciplines : son théâtre avec l'ensemble des livres de ta bibliothèque traitant du et de théâtre, ses romans avec tous les romans, sa philosophie avec toutes les oeuvres de et sur la philosophie, etc.
Avantage : une grande rigueur, facilite la recherche.
Inconvénient : si tu ne te souviens plus dans quelle «discipline» tu as classé «La force des choses» (récit ? Biographie ? essai ?) tu devras chercher un peu...

3. Soit tu rassembles l'ensemble de son oeuvre en corpus, en un seul et même endroit, Mais dans ce cas précis, tu dois aussi aussi rassembler avec le corpus toutes les biographies, monographies, albums de photos, essai sur et de Simone de Beauvoir.
Avantage : c'est facilement repérable en un coup d'oeil
Inconvénient : L'avantage peut aussi tourner à l'inconvénient puisque cela t'oblige pratiquement à faire des choix pas évident du tout[2]
De plus, il est important, à l'intérieur du corpus même, de classer les livres de même nature (les romans ensemble, la philosophie ensemble, les biographies ensemble, etc.) Important aussi de séparer l'oeuvre de Simone de Beauvoir et les oeuvres «sur Simone de Beauvoir....


L'idée dans tout ceci c'est que peu importe que l'oeuvre de Simone de Beauvoir soit «physiquement» déclassé ou non dans tes bibliothèques, l'important c'est de colliger l'information dans une base de données [3] et surtout, qu'il faut prévoir un champ pour la localisation du livre : en tapant le nom de Simone de Beauvoir, tu auras un résultat de «x» livres et chacun des livres aura sa localisation.


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[1] en fait, il existe sans doute autant de façon de classer un livre qu'il existe de lecteurs : par couleur, par grandeur, par maison d'édition, par année de publication, par ordre alphabétique d'auteur, par sexe, les lus d'un coté et non lus de l'autre...
[2] imaginons un instant que l'oeuvre de Jean-Paul Sartre fut rassemblé en corpus : nous savons que Sartre a écrit un essai biographique sur Genet (Saint Genet, comédien et martyr ). Donc, en principe, tu devrais classer le «Saint Genet» avec les oeuvre de Sartre. Mais si tu voulais aussi faire un corpus avec l'oeuvre de Genet, te voilà au prise avec un méchant problème ;-) Il existe une solution fort simple, mais nous en reparlerons si tu te retrouves un jour avec un problème similaire...
[3] Pas nécessaire pour la grande majorité d'entre-vous d'acquérir une logiciel de base de données (FileMaker Pro (Mac et Windows), Bento (Mac), etc.) : Excel est assez puissant, flexible et facile à utiliser pour le lecteur Lambda.



Mort d'un anthropologue - 6 Février





«Je peux très bien et je devrais toujours être capable d’expliquer
à n’importe qui n’importe quoi de ce que je fais comme travail
»
- Bernard Arcand
Les anthropologues, de l’entrevue et autres lieux communs, dans La Presse, le 11 mars 2001.

La mort est toujours absurde. Même si elle fait partie de la vie. De toute façon, la vie est absurde, il est donc normal que la mort le soit aussi. Mais parfois,on dirait que l'absurde frappe plus fort qu'à son habitude. C'est du moins ce que j'ai ressentis en apprenant la mort de cet anthropologue et intellectuel qu'était Bernard Arcand. Avec Serge Bouchard, il co-anime, de 1992 à 1996, l’émission «Le Lieu commun» à la Première Chaîne de Radio-Canada. En 1999 il écrivit l'essai «Abolissons l'hiver !» En voici un court extrait :

«(…) Autrefois, l’hiver était une évidence. La plupart des gens vivaient à la campagne où les champs sont blancs et immenses. L’hiver domine la campagne. Mais, depuis 100 ans, celle-ci s’est rapidement vidée et, déjà en 1910, plus de la moitié de la population habitait en ville. Depuis, la tendance se maintient, et la ville n’a jamais cessé de grossir. Or, en ville, il y a partout des maisons, des rues et des trottoirs, quelques arbres, et plusieurs milliers d’automobiles. Il n’y a pas de place en ville pour la neige.
En fait, la ville déteste la neige et la traite comme une souillure. Il faut la balayer et la jeter aux ordures, la transporter vers le dépotoir, la lancer dans le fleuve ou la faire fondre rapidement.
Dès l’instant qu’elle tombe en ville, la neige est usée. Une nuisance. Les équipes de déneigement sont payées aux mêmes tarifs que les éboueurs. Et si les urbains veulent voir l’hiver, il leur faut faire un tour à la campagne en fin de semaine.
(…)»

Bernard Arcand, «Abolissons l’hiver!», Boréal éditeur.


Compte de mots - 6 Février


Bush s'explique - mais ne convainc absolument pas !





Deuxième tome de cette trilogie que Bob Woodward (co-auteur avec Carl Bernstein de «All the president's men» sur le scandale du Watergate) a consacré à l'administration Bush et a la guerre en Irak. «Plan d'attaque», qui s'appuie sur une vaste enquête et de nombreux entretiens - souvent exclusifs - démontre les raisons pour lesquelles le président Bush (fils) et son entourage ont - et font encore - la guerre en Irak. Dans une série d'entrevue exclusives, le président s'en ouvre à Woodward. Mais si Bush s'explique, il ne convainc absolument pas. Pas plus que son entourage immédiat.

«Plan d'attaque» est un récit «au jour le jour» des événements de la préparation de la guerre en Irak. On devine aisément les tensions, les réussites, les lacunes et aussi, une trop grande confiance de la part de la garde rapproché de Bush. ä explique en partie la déconfiture des étasuniens dans cette aventure. Ce qui m'a le plus étonné, c'est de constater à quel point Dick Cheney y tient à cette guerre. C'est de l'acharnement.

On tombe parfois dans le délire tellement la situation parait surréaliste : l'infiltration d'agents de la CIA dans le nord de l'Irak aura des répercussions incroyables sur l'économie de la région : afin de trouver des informations, la CIA a fait pleuvoir des dollars étasuniens coup de millions (et de gros millions) et uniquement en coupure de 100$. En quelques semaine, il n'y avait plus moyen de faire de la monnaie nulle part dans la région. Il en a résulté que tout d'un coup, tout coûtait 100 $ : un café, une paire de chaussures, le moindre repas...

Il a été reproché à Woodward, spécifiquement pour ce livre, de donner une trop belle part au président George W. Bush. Effectivement, on a souvent l'impression qu'au fond, le président est un homme cultivé. Parfois, en lisant une phrase, je me surprenais à dire tout haut : «allons, Bush n'a pas pu dire ça !». J'avais parfois l'impression que c'était une tentative pour le réhabiliter aux yeux de ses citoyens. Aujourd'hui, plus personne n'est dupe.

Au final, «Plan d'attaque» démontre sans l'ombre d'un doute l'incompétence des grandes agences - comme la CIA - et de la grande naïveté (pour ne pas dire l'incompétence) du président des États-Unis et de ses sbires.


«Plan d'attaque»
Bob Woodward
Poche: 644 pages
Editeur : Editions Gallimard (avril 2005)
Collection : Folio documents
ISBN : 9782070306657

jeudi 5 février 2009

Acquisitions - 5 Février





Est-il encore possible de parler «d'acquisition» de livres lorsqu'ils furent téléchargé légalement (faut-il le rappeler) d'Internet ? Disons que je ne me suis pas réellement penché sur le sujet (j'ai autres choses en têt en ce moment)... Cette semaine, j'ai donc téléchargé, en PDF, les livres suivants :

1. «Anne Boleyn» (roman biographique) de Paul de Musset, dans une édition de 1837.
2. «Correspondance de Lord Byron avec un ami» (correspondance), dans une édition de 1825.
3. «Le ministre de Wakefield» (roman) Olivier Goldsmith Dans une édition de 1831.
4. «Le roman de la rose» (roman) de J. de Meung et G. de Lorris, dans une édition de 1814.
5. «Les Velder» (roman) de Robert Choquette, écrit en 1941.
6. «The Works and life of Robert Burns» (oeuvres et biographie) de John Lockhart, dans une édition de 1835.
7. «Charles le téméraire» (roman) de Walter Scott, dans une édition de 1836.

De belles lectures du dimanche après-midi en perspective, accompagné du silence et d'un bon thé.


mercredi 4 février 2009

Techno - 4 Février



Sans fil...




Depuis bientôt deux semaines maintenant, je suis en sans fil à la maison. Pour ce faire, j'ai fais l'acquisition d'un modem-router[1] «Airport Extrême» de Apple. J'ai acquis ce modem-router à la boutique Le Mac Urbain sur le chemin Chambly à Longueuil. Comme toujours, François, mon vendeur attitré (en fait, à mes yeux, c'est beaucoup plus qu'un vendeur ; c'est un conseillé inestimable) m'attendait. Comme toujours, se fut extrêmement agréable ; j'ai certainement passé plus d'une heure a parler, échanger, faire le tour de la boutique, etc. Et comme à chacune de mes visites, la boutique était encore plus belle et plus fonctionnelle que lors de ma précédente visite : les portables sont maintenant dans le milieu de la boutique, bien en vue. Bravo les gars !

Mais le modem-routeur dans tout ça ? Une merveille. Les deux Mac et le PC vont main dans la main. J'ai branché l'imprimante directement dans le «Airport Extrême», ce qui me permet d'imprimer à partir de n'importe quel ordinateur. Et j'ai activé la «boîte de dépôt» dans les deux Mac, ce qui me permet de déposer n'importe quel type de document dans «l'autre» Mac, à partir de «mon» Mac - et vice et versa. plus besoin de recourir à une clé USB. Qui plus est, pas de configuration difficile : ça s'est fait en quatre clics de souris, pas de blague ! J'ai aussi activé le partage de la bibliothèque iTunes ; un clic de souris !

Le modem-router est camouflé dans la bibliothèque de mes disques vinyles - tout comme l'imprimante. Ça fait donc moins de fil sur le bureau (une photo est prévue pour bientôt). Mon bureau est vraiment dépouillé maintenant : pas un seul papier, pas un crayon ; qu'une belle surface plane avec deux écrans, une lampe, deux hauts-parleurs et le socle de mes écouteurs sans fil. Et sous le bureau, la gestion des fils est plus ordonnée. Mais le vrai changement va s'effectuer plus tard en 2009, lors que je vais repeindre la pièce ; je vais en profiter pour repenser la disposition des meubles, acquérir de nouveaux meubles s'il le faut, bref, c'est une histoire à suivre.




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[1] c'est le terme exact selon le dictionnaire de l'OLF.

mardi 3 février 2009

Compte de mots - 3 Février


Compte de mots électronique ; la suite


Le eReader de Sony


Il y a quelques questions que je n'ai pas abordé dans mon précédent billet.

Pourquoi lire des livre en format numérique - surtout par le biais d'un ordinateur ?
Principalement parce que l'essor du livre électronique (appelons-le le livrel) est encore très limité* Tandis qu'un ordinateur, nous en avons tous au moins un. Il est vrai que l'ordinateur, même portatif, est généralement plus lourd qu'un livre (et qu'un livrel). Donc, beaucoup moins facile de lire n'importe où. Je le concède. Mais dans mon cas, comme je ne lis pas n'importe où, ça pose pas un problème ; je m'installe tout simplement devant mon ordinateur et je lis. Ah ! oui, j'accompagne mes lecture d'un bon thé ;-) Et si j'avais à lire dans le transport en commun ? Hé oui, je ferais comme vous : je lirais un livre ;-)
Mais au delà du comment, il y a le pourquoi ; pourquoi je lis un livre en format numérique plutôt que dans son format initial (le papier) ? Tout simplement parce que se sont des livres qui ne sont plus disponibles sur le marché - ou serait bien difficile à trouver. Ou disponible que dans une vieille édition, à un coût prohibitif. Pour trouver les livres du frère Untel (Jean-Paul Desbiens), à part «Les insolences...» qui a fait l'objet de nombreuses réimpressions au cours des ans, faut se lever de bon heure... Ibid avec «Les Velder» de Robert Choquette... Voilà donc pourquoi je me tourne principalement vers la version numérique. Ibidem avec des titres «classiques» ; pourquoi payer 20 $ pour lire Shakespeare si je puis le lire gratuitement, en format PDF. Vous savez, Shakespeare n'a pas d'ayants droit ;-)))

Qu'en est-il de la fatigue oculaire ?
Vous êtes nombreux à déplorer que la fatigue oculaire limite votre temps passé devant un écran d'ordinateur ; à plus forte raison si c'est pour lire. Ce n'est pas mon cas. Du moins, pas pour l'instant ; j'ai la chance, malgré mon âge, d'avoir une excellente vue. On verra plus tard...

L'amour du livre ou l'amour du... texte ?
Ça, c'est la question sans réponse claire : êtes vous amoureux du livre ou du texte ? Si vous êtes résolument amoureux du livre, c'est que pour vous, hors du livre, le texte n'a pas droit de citer. N'a pas sa raison d'être. Mais si au contraire, vous êtes amoureux du texte, le type de support, qu'il soit sur papier ou de format numérique, ne devrait pas trop vous rebuter (en autant que se soit lisible bien sur).
Certains d'entre-vous vont dire, avec raison, être amoureux des deux : du livre et du texte. C'est effectivement une belle façon de ne pas prendre partie ;-)

Absence de signet ; le point faible ?
Pas avec le livre électronique, puisqu'il vous suffit de refermer «le livre» ; il garde en mémoire la page. Vous ouvrez de nouveau le livre et hop ! il s'ouvre à la bonne page. Mais avec un texte en PDF sur un ordinateur, il en va tout autrement. Diverses solutions s'offrent à vous, selon que vous utilisez un logiciel simple pour lire (acrobat Reader, Aperçu pour Mac, etc.) ou que vous utilisiez Acrobat professionnel. Mais généralement, il est possible d'apposer un «signet électronique» sur un mot, une phrase, etc.

Imprimé ou pas ?
Faut-il imprimer un texte ou un livre numérique ? À mon avis, il n'est pas nécessaire d'imprimer. Même si la somme de lecture est considérable. Dans la dizaine de livres numérique lus, je n'ai imprimé qu'une seule fois un texte (recto verso).

On garde ou pas ?
Le poids (en Mo) du livre numérique est généralement minime, ce qui vous permettrait de conserver des milliers de livres dans votre ordinateur sans aucun problème. Vous pourriez aussi sauvegarder des centaines et des centaines de livres sur un seul DVD, libérant du coup le disque dur de votre ordinateur. Qui plus est, se faisant, vous pouvez transporter avec vous plusieurs centaines de livres sur cette mince plaquette de plastique ; suffit de vous trouver un ordinateur pour lire. Ou partager vos livres.

Tentative de justification de ma part ?
Absolument pas ! Je n'ai pas à justifier mes choix aux yeux de quiconque. Je voulais simplement vous faire part de ma petite expérience. Je sais que vous êtes passablement réfractaires à l'arrivé du livre électronique - vous êtes même perplexe sur ses chances de percer sur le marché. J'ai, comme vous, de nombreuses réserves. Mais je garde toujours en tête que l'arrivé du iPod en 2001 a véritablement changer nos habitudes et notre rapport avec la musique ; qui sait s'il n'en sera pas de même un jour avec le livre électronique...

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* il y aura explosion de l'offre de livres et de livrel lorsqu'il sera possible de lire un livre avec n'importe quel baladeur sans entraves ni DMR, que se soit avec un iPod, iPhone, etc. Trop petit vous dites ? Il y a cinq ans, on ne pensait pas que toute une génération de jeunes allait regarder des vidéos sur un écran de 3 pouces, ce qui est monnaie courante maintenant. De plus, j'ai fais hier l'expérience de lire un chapitre de «Roméo et Juliette« de Shakespeare sur un iPod Touch : c'est étonnant comme ç'a se lit bien. Faudrait voir cependant ce qu'il en est sur deux ou trois heures de lectures en continue...