
Mensonges d'État : Comment Bush a perdu la guerre
«C'est vrai, il [George W. Bush] il ne montre pas une
grande curiosité intellectuelle. Tenez, je me souviens
qu'il m'a dit, une fois ; Je ne veux pas ressembler à
mon père, je veux ressembler à Ronald Reagan».
P. 615
«George W [Bush] avait passé sa jeunesse à hésiter
entre rébellion et compétition, ne sachant pas s'il
voulait s'opposer à son père ou le battre à son propre
jeu. C'était la seconde voie qu'il avait choisie et elle
aboutissait à un désastre».
P. 617
Troisième tome de cette trilogie que Bob Woodward (All the President's Men co-écrit avec Carl Bernstein, The Secret Man: The Story of Watergate's Deep Throat) a écrit sur l'administration Bush. «Mensonges d'État» est de loin le meilleur des trois.
Dans sa façon bien à lui de nous plonger au coeur du pouvoir, Woodward nous explique avec force et détails pourquoi tout a déraillé en Irak. On pourrait résumer ainsi : dans tous les cas de figure, face à deux solutions, l'administration Bush a toujours privilégié la mauvaise solution. Toujours. Même chose dans le choix des personnes pour les postes clefs : entre deux, le choix s'est toujours - toujours - porté sur le pire ; l'arrogance et l'aveuglement de Donald Rumsfeld, les doutes de Condoleezza Rice, l'omniprésence de Dick Cheney, la marginalisation de Colin Powell. Mais surtout, surtout, le déni le plus total de George W. Bush qui, avant même de mentir à l'Amérique et au monde, s'est d'abord menti à lui-même.
«L'administration Bush avait cru que Saddam Hussein
dirigeait un État moderne, efficace, et s'était imaginé
qu'une fois le ditacteur renversé, le pays recommencerait
à fonctionner. L'éffondrement général n'avait pas été
prévu, ni sa conséquence : la nécessité de tout
reconstruire à partir de zéro».
PP. 616-617
La publication aux États-Unis de ce livre a eu un tel retentissement que certains commentateurs lui ont attribué une part dans la victoire des opposants à la guerre lors des élections au Congrès de novembre 2006. Mais attention, il ne s'agit pas ici d'un livre militant mais comme toujours avec Woodward, de journalisme d'enquête implacable. Je recommande pour quiconque désire en connaître un peu plus sur l'histoire de cette minable administration et sur les dessous de la débâcle de la guerre en Irak.
Mensonges d'État : Comment Bush a perdu la guerre
Bob Woodward
Titre original «State of Denial»
Gallimard, collection Folio Documents
2008 pour cette édition. 718 pages.
ISBN : 9782070356294
CCR : 412.p/WOO
samedi 2 mai 2009
Compte de mots - 02 Mai
vendredi 6 février 2009
Compte de mots - 6 Février
Bush s'explique - mais ne convainc absolument pas !
Deuxième tome de cette trilogie que Bob Woodward (co-auteur avec Carl Bernstein de «All the president's men» sur le scandale du Watergate) a consacré à l'administration Bush et a la guerre en Irak. «Plan d'attaque», qui s'appuie sur une vaste enquête et de nombreux entretiens - souvent exclusifs - démontre les raisons pour lesquelles le président Bush (fils) et son entourage ont - et font encore - la guerre en Irak. Dans une série d'entrevue exclusives, le président s'en ouvre à Woodward. Mais si Bush s'explique, il ne convainc absolument pas. Pas plus que son entourage immédiat.
«Plan d'attaque» est un récit «au jour le jour» des événements de la préparation de la guerre en Irak. On devine aisément les tensions, les réussites, les lacunes et aussi, une trop grande confiance de la part de la garde rapproché de Bush. ä explique en partie la déconfiture des étasuniens dans cette aventure. Ce qui m'a le plus étonné, c'est de constater à quel point Dick Cheney y tient à cette guerre. C'est de l'acharnement.
On tombe parfois dans le délire tellement la situation parait surréaliste : l'infiltration d'agents de la CIA dans le nord de l'Irak aura des répercussions incroyables sur l'économie de la région : afin de trouver des informations, la CIA a fait pleuvoir des dollars étasuniens coup de millions (et de gros millions) et uniquement en coupure de 100$. En quelques semaine, il n'y avait plus moyen de faire de la monnaie nulle part dans la région. Il en a résulté que tout d'un coup, tout coûtait 100 $ : un café, une paire de chaussures, le moindre repas...
Il a été reproché à Woodward, spécifiquement pour ce livre, de donner une trop belle part au président George W. Bush. Effectivement, on a souvent l'impression qu'au fond, le président est un homme cultivé. Parfois, en lisant une phrase, je me surprenais à dire tout haut : «allons, Bush n'a pas pu dire ça !». J'avais parfois l'impression que c'était une tentative pour le réhabiliter aux yeux de ses citoyens. Aujourd'hui, plus personne n'est dupe.
Au final, «Plan d'attaque» démontre sans l'ombre d'un doute l'incompétence des grandes agences - comme la CIA - et de la grande naïveté (pour ne pas dire l'incompétence) du président des États-Unis et de ses sbires.
«Plan d'attaque»
Bob Woodward
Poche: 644 pages
Editeur : Editions Gallimard (avril 2005)
Collection : Folio documents
ISBN : 9782070306657
vendredi 6 juillet 2007
Compte de mots - 06 juillet

Bush s’en va-t-en guerre
Avec ce livre, Bob Woodward raconte ni plus ni moins que l’histoire, heure par heure, des cent premiers jours qui ont suivi les attaques du 11 septembre 2001 aux États-Unis et de la mise en place de la formidable machine de guerre américaine en Afghanistan. Cette guerre, la seconde de l'histoire contemporaine de l’Afghanistan opposa, d’octobre à novembre 2001, les États-Unis, l'Alliance du Nord et plusieurs nations occidentales - dont le Royaume-Uni, la France et le Canada - contre le régime Taliban en place.
Livre fascinant pour quiconque est intéressé par l’histoire qui s’écrit au jour le jour depuis les événements de septembre 2001. Woodward n’est pas avare d’informations de toutes sortes ; interviews, notes, propos, mémos, transcriptions et documents divers. On sort de ce livre un peu étourdit de tous ces noms, lieux et dates. Étourdit, mais un peu plus riche sur la connaissance du déroulement de la guerre en Afghanistan. Woodward lève aussi le voile sur une question essentielle à mon avis : pourquoi envahir l’Irak si les attaques du 11 septembre furent commandés de l’Afghanistan. On en apprend un peu plus aussi sur le rôle du Pakistan et sur le président du Pakistan, le Général Pervez Musharraf, de même que sur Hamid Karzaï, le président actuel de l’Afghanistan.
Une chose qui m’a étonné ? de constater tous ces gens importants qui gravitait dans l’entourage du président et qui sont, aujourd’hui, tombés en disgrâce : Donald Rumsfeld, Carl Rover, Colin Powell, Jon Ashcroft, Lewis, « Scooter » Libby, George Tenet…
Dans ce livre, Woodward fait la belle part à Bush ; c’est trop beau pour y croire - et cela lui fut très durement reproché. Comment croire qu’un type qui, tous les jours, nous démontre sa profonde stupidité, ait pu dire ceci, à propos de l’Afghanistan :
« Je m’oppose à ce que l’armée serve
à construire une nation. Une fois
terminé, nos forces ne sont pas chargés
du maintien de la paix. Nous devrions
mettre en place une force de protection
des Nations unies et partir… »
Non, franchement, c’est trop beau pour être vrai.
Pour ce qui est de la traduction, l’utilisation des mots anglais se généralise chez nos amis français (et dire qu’ils nous reprochent de féminiser à outrance). Pourtant, il existe des mots simples dans la langue de Molière :
Highjackers (p.62) pour pirates de l’air
Sponsorisaient (p. 65) pour commanditaires
Prime time (p. 369) pour heure de grande écoute
Et j’en passe et des meilleurs ! Et que dire de l’utilisation abusive de mots anglais pour des expressions du monde du sports (principalement du base-ball). Comme si les équivalents français étaient inexistant !
Conclusion
Ce livre, le premier d’une trilogie maintenant disponible en français, est assurément a ajouter à vos lectures d’été si l’actualité vous intéresse - et si vous aimez le style de Bob Woodward.
Tome 1 : Bush s'en va-t-en guerre
Tome 2 : Plan d'attaque
Tome 3 : Mensonges d'Etat. Bush en guerre
WOODWARD, Bob
Bush s'en va-t-en guerre
Traduction de Bush at War
Folio, collection Folio Documents
2003, 560 p.
ISBN : 9782070313013
CCR : 412.p/WOO
