mercredi 13 juin 2007

Compte de mots - 13 juin



Je, François Villon

Soyons franc, de Villon lui-même, nous ne connaissons rien ou presque. C’est pourquoi approcher le poète et son époque était un pari risqué. Risqué mais réussit haut la main par Jean Teulé.
Magnifique roman donc - mais publicisé comme un récit biographique. Jean Teulé utilise une langue toute en poésie, tout en rythme et c’est avec beaucoup de sensibilité, d’intelligence et de justesse qu’il nous décrit Villon et son époque.
Les poèmes fondateurs de l’oeuvre du poète sont prétextes des causes (et ses conséquences) des malheurs et des joies dans la vie du poète.

Mais attention coeur sensible, rien ne nous est épargné : meurtres, tortures, viols, décapitation, famine, banditisme ... euh ! le menu quotidien du bulletin de 18h en fait, mais à la sauce XVe siècle

Si on doit se résoudre a admettre que de grands pans de la vie et de l’oeuvre de Villon nous échappent encore, il ne faut pas gâcher son plaisir ; il faut lire (ou relire) l’oeuvre de ce « premier » poète maudit, en s’accompagnant du roman de Teulé : c‘est ce que j’ai fais, en accompagnant la lecture du roman avec les oeuvres complètes de Villon (une « vieille » édition antérieur à 1940, achetée pour une bouchée de pain dans un petit village de l’Outaouais au début des années 1990).


La ballade des pendus (extraits)

Frères humains qui après nous vivez
N'ayez les coeurs contre nous endurciz,
Car, ce pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tost de vous merciz.
Vous nous voyez ci, attachés cinq, six
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéca devorée et pourrie,
Et nous les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie :
Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre !



Cette ballade fut admirablement chanté par Serge Reggiani


TEULÉ, Jean.
Je, François Villon,
Paris, Pocket No. 13135, 2007, 435 p.
9782266166539
131.r/TEU

lundi 11 juin 2007

Compte de mots - 11 juin



« Parcours d’un roman (à la sauce anglaise) »

Quiconque a déjà fait paraître un livre sait que l’entreprise est parsemé d’embûches (vieux bandit m’a déjà raconté une partie de son histoire à elle et c’est pas jojo). J’imagine que parfois, un auteur qui a survécu à l’édition et la parution de son livre doit se dire : je devrais écrire ça. Puis, on se ravise en se disant ; personne ne me croira. Et bien un français l’a fait - et avec beaucoup d’humour et d’esprit : « Le parcours du premier roman » de Jean-Michel Barrault. C’est très drôle, très vivant et tellement près de la réalité - j’en sais quelque chose car j’oeuvre moi-même dans une maison d’édition. Plusieurs années après avoir lu le roman, je garde encore en mémoire des passages entiers.
Alors qu’elle ne fut pas ma surprise de constater qu’un anglais c’était lui aussi attaqué, à sa façon, au parcours d’un premier roman. Avec « La grande poursuite », Tom Sharpe (qui n’en est pas à son premier roman) raconte une histoire de premier roman qui s’avère décevante. En fait, pour être juste, je dois avouer que le premier tiers du livre est très bon (ça demande cependant une solide connaissance de la littérature pour en apprécier l’humour et l’intelligence). Il y a même un dialogue complètement surréaliste à propos du Dasein, alors que l’interlocuteur comprends qu’il s’agit de... dessin ;-) C’est après cette épisode que ça se gâte. Le roman n’a pas la finesse du roman de Jean-Michel Barrault. Mais il a le ton irrévérencieux d’un David Lodge (« Pensées secrètes ») – la finesse en moins – et le ton cru d’un Joseph Connolly (« Vacances anglaises », « N’oublie pas mes petits souliers »).

Mais le plus étrange de tout ceci, c’est la référence au sexe (pour ne pas dire l’obsession) qui semble habiter les personnages de Connolly, de Lodge et de Sharpe ; ça me laisse songeur sur ce que doit être le sexe chez les anglais…

Bref, un livre intéressant à lire pour le premier tiers. On lit le reste en espérant retrouver le ton du début ; ça n’arrive jamais - vous êtes avertis !

SHARP, Tom.
La grande poursuite, Traduction de "The great pursuit"
Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Laurence
Paris, Gallimard, Collection Folio 1988, 376 p.
9782070379316
121.r/SHA

mercredi 6 juin 2007

Compte de mots - 06 juin



L’Amérique répressive

« Le vagabond américain en voie de disparition », Jack Kerouac

C’est assurément la troisième ou la quatrième fois que je relis ce texte et jamais je ne m’en lasse. Ce qui me fascine le plus je crois c’est de constater que la répression de tout ce qui est différents n’est pas une invention de Bush ; même du temps de Kerouac, la répression envers les beatnik, les vagabonds et hobo de toutes sortes était monnaie courante (avis à ceux et celles - les esprits sectaires - qui pensent que Bush est l’incarnation de tout ce qui ne vas pas aux USA...)

Ce texte, écrit en 1960, aurait pu être écrit aujourd’hui ! Et dès les toutes premières lignes, le ton est donné :

« Le vagabond américain a bien du
mal à mener sa vie errante aujourd’hui
avec l’accroissement de la surveillance
que la police exerce sur les routes, dans
les gares, sur les plages, le long des
rivières et des talus...
» [p. 73]

Partir, sac au dos, sans but précis et sans déranger personne, c’est ce que faisait le personnage de Rambo* Mais dans l’Amérique répressive, c’est un jeu dangereux comme le rappel Kerouac :

« En Amérique, le camping est considéré
comme un sport sain pour les boy-scouts
mais comme un crime quand il est pratiqué
par des adultes qui en ont fait leur vocation
» [p. 76]

Voyager sac au dos en Amérique n’a plus aucun sens aujourd’hui. C’est comme voyager sans le sous :

« La pauvreté est considéré comme une
vertu chez les moines des nations civilisés
- en Amérique, vous passez une nuit au
violon si l’on vous prend à ne pas avoir
sur vous une certaine somme
» [p. 76]

Et puis, pour les quelques voyageurs qui se risquent encore aujourd’hui à traverser l’Amérique sans but précis, l’aventure n’est pas sans risque :

« À l’époque de Bruegel, les enfants
dansaient autour du vagabond [...] Mais
aujourd'hui les mères serrent leurs enfants
contre elles quand le vagabond traverse la
ville à cause de ce que les journaux ont
dit du vagabond : il viole, il étrangle ; il
mange les enfants
» [pp. 76-77]

Et si malgré tout, l’idée vous prends de voyager dans cette Amérique répressive, sachez que

« Les bois sont remplis de geôliers » [p. 92]



* « Rambo first blood », roman de David Morrell



« Le Vagabond américain en voie de disparition, précédé de : Grand voyage en Europe » de Jack Kerouac
Traduction : Jean Autret
Gallimard, Poche: 92 pages
Collection : Folio 2 euro
ISBN : 9782070423163
CCR : 112.n/KER

mardi 5 juin 2007

Compte de mots - 05 juin


L’impossible voyage dans le temps

Suspense, science-fiction, quelques éléments de physique, une atmosphère médiévale, un mégalomane, une moral à cinq sous à la fin (les méchants sont toujours punis) ; voilà quelques uns des ingrédients de ce roman de science-fiction de Crichton, « Les prisonniers du temps ».

Ce roman de science-fiction, c’est l’histoire de jeunes archéologues, partis sur les traces de leur professeur récemment disparu et dont ils trouvent, au cours de fouilles, un message de détresse... datant de plus de 500 ans ! Rien de moins !

Dans le livre, Crichton démontre, de plusieurs façon, qu’il est impossible de voyager dans le temps, entre autre parce que le temps n’est pas une donnée géographique : le temps, ce n’est pas New York ni Paris : le temps n’a pas d’ancrage géographique, d’ou l’impossibilité de voyager d’un point vers l’autre dans le temps. Et pourtant, les personnages du roman vont effectuer.. un voyage dans le temps. Pas convaincant... Pas le meilleur roman de l’auteur non plus. J’avais adoré « La variété Andromède » (que j’ai lu plus d’une fois). Je dois cependant reconnaître que Michael Crichton à le don de maintenir le suspense tout au long du roman. À lire un jour de pluie.



« Les prisonniers du temps », de Michael Crichton
Editeur Press Pocket
Collection Pocket. Thriller
ISBN : 9782266115223
CCR : 112.sf/CRI

lundi 4 juin 2007

Compte de mots – 04 juin



le conflit germano-soviétique vécu sur le front

« Carnets de guerre : De Moscou à Berlin 1941-1945 »
de Vassili Grossman

Vassili Grossman (1905-1964) journaliste et écrivain russe, a suivi le conflit germano-soviétique en tant que correspondant de guerre pour le quotidien officiel de l'Armée Rouge. De ce fait, il fut sur tout les fronts de guerre, présent aux lieux et aux moments clefs du conflit : La défense de Moscou, la bataille de Stalingrad, la Biélorussie, son entrée dans Varsovie (le ghetto Juif), l’entrée des russes dans Berlin mais surtout, surtout, de la découverte et de la terrible description du camp de Treblinka. Le texte qu’il écrivit pour l’occasion a même servi de témoignage lors du procès de Nuremberg. Je pensais avoir tout lu ou presque sur les camps de la mort, mais je me rends compte que Vassili Grossman, contrairement a un historien qui raconte un fait, a vécu l’histoire alors qu’elle se déroulait sous ses yeux.

Ses carnets, agrémenté de commentaires sur le déroulement de la guerre, le contexte politique et sur le cheminement personnel de Grossman, sont extraordinaires. Grossman s’attache, dans ses carnets, à dépeindre les hommes, les faits et gestes des soldats et anecdotes avec une profonde humanité. Je recommande fortement.


« Carnets de guerre : De Moscou à Berlin 1941-1945 »
de Vassili Grossman
Traduction de Catherine Astroff et Jacques Guiod
Éditeur Calmann-Lévy
390 pages
ISBN : 9782702137666
CCR : 151.h/GRO


Vassili Grossman est aussi l’auteur de « Vie et destin », que l’on considère comme le Guerre et paix du XXe siècle. Un autre livre a ajouter à la liste…

Nouveau compagnon - 04 juin

Le meilleur ami de l'homme ?

Me voilà avec nouveau compagnon de tous les jours : non, ce n’est pas un animal ni un ami, mais... un sac à dos. Super chouette comme sac - et en plus, c’est un cadeau ! Premier test ce matin sous la pluie et il passe le test haut la main. Mon nouveau sac est compact et élégant (noir et argent). Parfait pour les courtes randonnées en ville, il est doté de nombreuses caractéristiques :

- Bretelles et dos en filet (gardant le dos au sec)
- Armature de métal (très solide)
- Peut contenir une gourde (ou des livres)
- Collet à expansion (parfait pour mon Powerbook G4 Titanium)
- Poches latérales en filet (pour ma bouteille d’eau)
- Poches intérieur et extérieur (lunch, lecteur MP3, crayon, bloc-notes...)
- Capacité de 12 à 15 L (pas trop petit ni trop gros)
- Housse pour la pluie (parfaitement étanche)
- Filet pour transport du casque de vélo (ou un pain en revenant du marché)

Bref, le compagnon idéal de tous les jours car oui, je marche tous les jours pour me rendre au bureau et y revenir, pour faire les courses, visiter les amis, me promener dans la ville...











Commentaires et informations ici
http://www.mec.ca/

Compte de mots – 04 juin



la saga Aldébaran : Bételgeuse déception !

Je l’avoue d’emblé ; la suite de « Aldébaran » (intitulée « Bételgeuse ») m’a déçu. Pourquoi ? Je pourrais résumer avec deux mots : lenteur et répétition. Une histoire somme toute bâclée, un dessin gauche (surtout dans les deux premiers albums), une obsession des personnages mâles sur Kim (veulent tous coucher avec elle, comme si elle était devenue le symbole universelle, voir cosmique, de la beauté et de la sexualité). Sans compter que, l’effet de nouveauté est passé ; Léo n’arrive plus vraiment à nous surprendre. Déception donc. Mais je me m’avoue pas vaincu pour autant ; je vais attendre, avec toute la patience qui me caractérise, la parution des cinq prochains albums qui composeront la suite (Antarès). Qui sait, Léo pourra peut-être réussir avec Antarès ce qu’il avait accomplit avec Aldébaran !

Bételgeuse : L'intégrale (Album), de Léo
Dargaud éditeur
Collection : Les mondes d'Aldébaran
242 pages
ISBN : 9782205059304

vendredi 1 juin 2007

Compte de mots – 01 juin



Les petites lettres de Virginia Woolf

Encore un cadeau – je suis choyé – et de mon employeur en plus ! Je raconte pas le comment du pourquoi – j’ai peur de faire des jaloux ;-)

D’un format peu pratique pour une bibliothèque standart -
entre l’album de photos et le coffee table book - le livre « Lettres illustrées de Virginia Woolf » chez Herscher est tout autant un objet à regarder qu’un livre à lire. Bon, si vous connaissez un peu cette grande dame des lettres vous n’apprendrez pas grand chose de nouveau – rien en fait. Mais je dois avouer que le livre est fort intéressant, avec une introduction qui, quoi que courte, cerne bien la vie de Virginia Woolf.
Au fil des lettres, des commentaires, des peintures et des photos d’époque, on évoque la vie de Virginia Woolf tout en suivant son parcours comme intellectuelle. En fait, c’est une belle introduction dans la vie – mais pas vraiment l’oeuvre - de Virginia Woolf. Malheureusement, je crois que c’est épuisé. Ibid. pour « Lettres illustrées Les Brontë » qu’un ami m’avait offert quelque part au siècle dernier, pour mon anniversaire (merci Alain) : c'est un livre que je regarde encore très fréquemment. J’espère qu’il en sera ainsi pour les « Lettres illustrées de Virginia Woolf ».

Lettres illustrées / Virginia Woolf
Paris, Herscher, 1992.
Collection Lettres illustrées
160 pages, 19 x 25 cm.
ISBN: 9782733502099
CCR : 121.c/WOO

mardi 29 mai 2007

Retard - 29 mai

Bon, je suis en retard, je sais ; j'ai rien publié depuis quelques jours. Patience, j'arrive avec des compte-rendus de lectures très bientôt.

mercredi 23 mai 2007

Compte de mots - 23 mai



L’Affaire Francis Blake

Martin, un ami et grand connaisseur du monde de la BD m’a prêté en fin de semaine « L’Affaire Francis Blake », une aventures de Blake et Mortimer. C’est, je crois, le premier album des aventures de Blake et Mortimer a ne pas être de la main de son créateur original, Edgar P. Jacobs[1]. Cet album demeure fidèle en tout points aux albums de Jacobs (histoire, ambiance, dessins), à un détail près : l’apparition d’une... femme ! C’est que les femmes sont absente de l’oeuvre de Jacobs [2].

« L’Affaire Francis Blake » ne réinvente rien - l’histoire est somme toute banale - si ce n’est que cette nouvelle aventure entraîne nos deux héros là où ils n’avaient jamais mis les pieds ; la trahison de Blake. Une bonne histoire donc, dans la continuité des choses.

J’ai passé une heure de lecture fort agréable en compagnie de Blake et Mortimer - encore une BD que "vieux-bandit" ne liras pas* ;-)

*faut pas chercher, c'est une "inside" comme ils disent...



Blake et Mortimer, tome 13 : L'affaire Francis Blake
de Jean Van Hamme (scénario) Ted Benoît (dessins) d’après les personnages de Edgar P. Jacobs
Editeur : Blake & Mortimer
Collection : Les aventures de Blake et Mortimer
68 pages, 1996
ISBN : 9782870970430

________
[1] voir le Compte de mots du 3 mai, 2e paragraphe
[2] voir le Compte de mots du 3 mai, 3e paragraphe

mardi 22 mai 2007

Cadeaux... 22 mai

Ô joie de recevoir !

J’ai une collègue au bureau qui effectue en ce moment un grand ménage dans ses bibliothèques. Elle compte vendre quelque chose comme 525 livres ! En consultant sa liste de bouquins à vendre, j’avais presque le vertige ; que des auteurs et des ouvrages formidable. En jetant un coup d’oeil rapide, j’ai repéré une cinquantaine de livres intéressants. Mais bon, comme je le répète toujours, je ne fais pas une collection de livres, c’est pourquoi je juge inutile de « stoker » des dizaines et des dizaines de livres. Je me suis contenté de huit titres.


Littérature

1. Chrétien de Troyes, « Romans de la table ronde »

2. Jonathan Coe, « Testament à l’anglaise »

3. Douglas Kennedy, « L’homme qui voulait vivre sa vie »


Suspense/Policier

4. Rennie Airth, « Un fleuve de ténèbres »

5. Karin Alvtegen, « Recherchée »

6. Elizabeth George, « Enquête dans le brouillard »

7. Lynda La Plante, « Suspect numéro un »


Science-fiction

8. Michael Crichton, « Prisonniers du temps »


Et en prime, cinq petit carnets de notes - moi qui prends toujours des notes partout (serviette de table, noto-collants, etc.) je pourrai enfin rassembler toutes mes notes ;-) Mais c’est pas le plus beau de l’histoire : le plus beau, c’est que cette collègue m’a finalement donné les livres. C’est vraiment gentil - et ça fait chaud au coeur. Merci B...

lundi 21 mai 2007

Compte de mots - 21 mai


Des pommes et des formules…

Ouvrage de vulgarisation sur la physique et l’astronomie, Les pommes de Newton de Jean-Marie Vigoureux retrace l’histoire des différentes représentations du monde de Babylone jusqu’au système newtonien qui en quelque sorte, fonde la physique classique. L’auteur retrace aussi la vie de Copernic, Kepler, Galilée et rappel les grandes découvertes (ou redécouvertes) des grands savants.

Dans un style accessible à quiconque aura conservé en mémoire quelques notions de physique et d’astronomie - enfants de la réforme sachez qu’il n’y a pas d’image dans ce livre ; que quelques graphiques et dessins – cet ouvrage permet de revoir quelques notions académiques oubliées, tout en mettant en doute quelques histoires trop belles pour être vraies (Newton n’a pas reçu sur la tête une pomme…)


Les Pommes de Newton de Jean-Marie Vigoureux
Albin Michel éditeur, Coll. Albin Michel Sciences
385 pages
ISBN : 9782226142344

mercredi 16 mai 2007

Compte de notes - 16 mai


La « bête noire » de la musique des années 80 ; Bryan Ferry

Suite logique au merveilleux « Avalon » (1982) de Roxy Music, « Bête noire » (1987) de Bryan Ferry est un incontournable de la musique des années 80 - et de la musique point. Pourtant, je ne suis pas un amateur de la musique des années 80. Loin de là. C’est que les années 80 auront vues quelques unes de mes idoles de la musique rock se « planter » avec l’arrivé du New Wave, du mouvement punk, sans parler de la musique dite New Age (ou nouvelle âge). Alors oui, j’ai une dent contre la musique des années 80. Mais celui qui m’a réconcilié avec cette musique est sans conteste Bryan Ferry avec son album « Bête noire ». J’ai découvert ce disque au début des années 90 chez un couple d’amis de Côte-des-neiges, lors d’un souper mémorable qui devait s’éterniser au delà de minuit. Aujourd’hui ce couple d’amis est séparé – et je suis sans nouvelles d’eux – mais le CD que j’ai acheté une semaine après ce souper, demeure pour moi encore aujourd'hui, un des sommets de la musique. Tout dans ce disque est parfait : la voix de Ferry, d’une justesse sans égale, la musique, entraînant et sensuelle – qui n’est pas trop marqué par les dérives musicales de l’époque. Je ne sais pas si le disque est encore disponible sur les tablettes de plus en plus dégarnies de nos disquaires – après tout, cet album a 20 ans cette année – mais je recommande fortement. Et pas seulement aux nostalgiques de la musique des années 80.


« Bête noire », Bryan Ferry
Étiquette Reprise, 1987.

Compte de notes - 16 mai

« Au five-spot, 5e Rue, dans la Bowery,
vous pouvez parfois voir Thelonious Monk au
piano ; vous entrez. Si vous connaissez le
patron, vous vous installez sans payer à une
table, avec une bière [...] C’est toujours
bondé pendant le week-end. Monk est abîmé dans
ses cogitations, il promène autour de lui un
regard distrait, plaque un accord et énonce un
thème, son pied énorme battant délicatement la
mesure sur le plancher ; la tête, tournée de
ce côté, il écoute, il pénètre dans le piano. »
[...]
« Le five-spot est éclairé chichement,
les serveurs sont inquiétants, mais il y a
toujours de la bonne musique, parfois John
« Train » Coltrane fait pleuvoir tout à l’entour
les notes rudes de son gros cornet ténor. »

Jack Kerouac
scènes new-yorkaises
dans Le vagabond Solitaire
PP. 175-176, Folio No. 1187.


Monk et Coltrane ensemble, méchant duo. Nostalgique d’un temps à jamais disparu ? Jaloux de Kerouac pour ne pas avoir assisté a une telle rencontre de deux grands noms du jazz ? Faite comme moi et procurez-vous « Thelonious Monk With John Coltrane » (voir mon billet intitulé « musiques » en date du 23 avril).














Si ce n’est pas assez, Offrez-vous « Thelonious Monk Quartet With John Coltrane » (Complete Live at The Five-Spot, 1958) - il semble que la qualité de l’enregistrement laisse à désirer. Sinon, misez vos sous sur « Thelonious Monk quartet with John Coltrane at Carnegie Hall ». Des enregistrements inédits, découvert à la « Library of congress » un peu par hasard, il y a trois ou quatre ans. L’enregistrement est d’une qualité exceptionnelle à ce qu’on dit... Au fait, j’écume les boutiques de disques usagés depuis plus d’un an pour mettre la main sur ces deux albums...
















Parfois, faut pas chercher à en dire plus. Faut juste écouter...

Compte de notes - 16 mai



« Metropoli », Idea 6

Mettez ensemble six musiciens (tous italiens) bourrés de talents, dix compositions originales avec un respect total pour le jazz standard et vous obtiendrez « Metropoli », de Idea 6. J’ai comme l’impression qu’il y a un engouement de plus en plus grand pour un jazz standard - en tout cas, c’est la constatation que j’ai pu faire en me rendant dans deux grandes surfaces du disques à Montréal récemment. Faut dire que depuis les années 70, le jazz s’est éclaté et a laissé place à des influences multiples, y gagnant peu mais en y perdant beaucoup (essayez donc d’écouter ne serait-ce que 10 minutes de free jazz, d’acid jazz ou de punk jazz sans devenir fou...)

Donc, nous assistons au retour du jazz standard. Et encore mieux, avec des pièces originales qui sauront satisfaire autant l’amateur que l’amateur avertis. Et pas étonnant de retrouver un jazz d’une si grande qualité du coté de l’Europe lorsqu’on sait que les États-Unis, à cause d’une politique de replis sur soi (peur de tout ce qui est « autres ») sont condamné à répéter toujours les mêmes choses (oui, c’est une prise de position et je l’assume).

Ne boudez pas votre plaisir et plutôt que de vous rendre au FIJM (festival international de Jazz de Montréal) qui n’a de jazz que le nom, rendez-vous chez votre disquaire et faite l’expérience d’un jazz standard contemporain.

Des extraits audio de « Metropoli » sont disponibles ici, en format MP3 et WMA :
http://www.juno.co.uk/products/201401-02.htm

« Metropoli », de Idea 6
Étiquette Deja Vu (Italie) via une importation japonaise

lundi 14 mai 2007

Compte de notes - 14 mai


Eric Legnini Trio, « Miss Soul »


La musique jazz d’Eric Legnini est rayonnante et irrésistiblement entraînante. Parfois douce et mélancolique, parfois bien rythmique, le mode trio est le véhicule par excellence de cette musique. Entouré du batteur français Franck Agulhon et du contrebassiste italien Rosario Bonaccorso (remplacé par Mathias Allamane sur les pistes 1, 2, 12), le pianiste Éric Legnini (italo-belge) nous convit a de très beaux moments de jazz, comme il s’en fait de plus en plus du coté de l’Europe et de moins en moins du coté des États-Unis !

Le jazz de Legnini demeure fidèle aux valeurs fondamentales du jazz, tout en mariant une touche de modernité que même l’amateur de jazz standard fini ne pourra renier.

Enregistré du 1er au 4 septembre 2006 à Amiens, en France et sorti en janvier 2006, « Miss Soul » de Legnini est un disque que je recommande chaudement à l’amateur de jazz.

Et je vous met au défi de ne pas claquer des doigts en écoutant certaines pièces !



Eric Legnini Trio, « Miss Soul »
Label Bleu

mercredi 9 mai 2007

Compte de mots - 9 mai



L’art de figurer dans son propre roman...

Je ne suis pas un habitué des romans d’aventures de Jack Higgins. Aucune raison valable. Mais je ne boude pas mon plaisir lorsque l’occasion se présente. Et en fouillant dans mes bibliothèques en fin de semaine, je suis tombé sur « L’Aigle a disparu ».
Mêlant habilement l’histoire et la fiction, j’ai très vite embarqué dans la lecture de ce petit livre dont l’action se déroule en pleine deuxième guerre.
Survivant d’une mission qui visait à enlever Chruchill, Kurt Steiner, jeune officier allemand, est capturé et gardé « au secret », dans la tour de Londres. Le général SS Schellenberg a pour mission de ramener Steiner en Allemangne. Et pour faire évader Steiner, Schellenberg fait affaire avec un mercenaire irlandais (Liam Devlin), survivant de la mission « Aigle » comme Steiner. Et c’est là que l’action et le suspense commence...
Mais avant d’en arriver là, le livre débute à Londres en... 1975 ! Et le plus curieux, c’est que l’écrivain se met en scène lui-même dans le roman, comme pour mieux dérouter le lecteur entre la réalité et la fiction de son bouquin. Le procédé - même si il n’est pas nouveau - m’a un peu surpris.

Bon roman d’aventures. Une façon agréable de passer deux heures - et des poussières - dans le monde de l’espionnage et de l’aventure de guerre.

« L’Aigle a disparu », Jack Higgins
Titre original : The Eagle has Flown
Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) de Dominique Dill
Livre de Poche, 310 pages
ISBN: 9782253076209

mardi 8 mai 2007

Compte de mots - 8 mai


La vengeance est un plat qui se mange froid...

Remarquable et surprenante correspondance (fictive) entre deux marchands d’arts : un juif américain et son ancien associé, un allemand, qui retourne vivre chez lui, en Allemagne, après un séjour de plusieurs années aux États-Unis. L’échange épistolaire sera brève : débuté à la fin de 1932, elle cessera définitivement en 1934. Mais entre les deux, le monde – et deux amis – vont connaître de grands bouleversements.

Un récit très court (une nouvelle en fait) mais combien efficace - et avec un revirement de situation inattendue. Après avoir terminé la lecture de ce petite livre, je n’avais qu’une envie ; recommencer.
Je ne pense pas me départir de ce chef-d’oeuvre de la littérature États-unienne. Il ira rejoindre mes classiques de la littérature anglo-saxonne, bien en vue dans mes bibliothèques.

L’auteure (avec un e puisqu’il s’agit d’une femme) est née en 1903 à Portland, en Oregon. Elle meurt en juillet 1997, à l’âge de 94 ans.
Anecdote : Son éditeur, Whit Burnett et son mari, Elliott Taylor, jugent que « Inconnu à cette adresse » est une oeuvre «trop forte pour avoir été écrite par une femme »* et décident du pseudonyme masculin de Kressmann Taylor, pseudonyme qu’elle utilisa jusqu’à la fin de sa vie.
_________
* 91 ans après Emily Brontë et Wuthering Heights, Kathrine Kressmann Taylor (de son vrai nom) en plein XXe siècle, ne se voyait pas reconnaître pleinement son talent en tant que femme ; il fallait que son talent soit affirmé par un prénom masculin…



« Inconnu à cette adresse », Kressmann Taylor
Titre original Address Unknown
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michèle Lévy-Bram
Postface de Whit Burnett
Éditions Autrement, collection Littératures
ISBN : 9782862609119
CCR : 112.n/TAY

lundi 7 mai 2007

Compte de mots - 7 mai



Les femmes sur les femmes...

« Il avait cette expression sur le visage
qu’ont tous les hommes quand une
femme annonce : « il faut qu’on parle ».
Un air de condamné qui signifie
mais-qu’est-ce-que-j’ai-fait ?
Et comment-en-suis-je-arrivé-là ?
Et y-a-t-il-une issue-de-secours ?
»

- Laura Jacobs, « New-Yorkaises », p. 162

Débuté lors de mon séjour à Québec, ce n’est que jeudi que j’ai terminé ce petite livre. Je serais tenté de résumer le roman avec le CV de son auteur :

Journaliste pour le Vanité Fair, Laura Jacobs est critique de mode et de danse. Originaire de Chicago, elle vit maintenant à New York.

C’est mince. Pourtant, ça résume tout le roman - ou presque - car « New-Yorkaises » c’est l’histoire de deux femmes qui ne sont autres que l’auteure elle-même ! Résumons : Iris Biddle, la quarantaine a quitté Chicago après un divorce et vit à New York où elle confectionne des abat-jour pour une clientèle huppée. Laura Burton est journaliste, trente-quatre ans et déterminée à percer dans le milieu (très difficile) de la critique de ballet. On suit l’histoire de ces deux femmes (qui ne vont se rencontrer qu’à la fin du roman, à la page 214) qui vivent des hauts et bas dans leurs relations d’amitié, d’amour et de boulot.
Le livre aurait pu s’intituler « Les femmes sur les femmes ». Mais ce n’est pas une charge féministe contre les hommes cependant. Mais les hommes sont étrangement absents du roman. Ou plutôt, effacé.

On pourrait regretter l’absence de caricature du milieu journalistique et artistique. À la limite, c’est un peu superficiel. Pas un grand roman. Mais j’ai bien aimé les 40 ou 50 dernières pages.


« New-Yorkaises » de Laura Jacobs
Titre original Women About Town
Traduit de l’anglais (États-Unis) de Virginie Buhl
Rivages poche, Collection bibliothèque étrangère
250 pages
ISBN : 9782743614133

jeudi 3 mai 2007

Compte de mots - 3 mai

Parce qu’il est encore question de BD...

Plus tôt cette semaine, je mentionnais que je connaissais assez peu le monde de la BD. Et c’est encore vrai aujourd’hui ;-) Mais j’ai complètement oublié de dire que mon entré dans le monde de la BD, qui s’est fait bien tardivement dans ma vie, l’a été par le biais des BD de Edgar Pierre Jacobs et sa série Blake et Mortimer. Je ne sais plus comment et quand - ni par qui - j’ai découvert cette série, mais je sais cependant avec quel album : La marque jaune. Depuis, je n’ai de cesse de traquer les albums de cette série dans les boutiques de livres usagés.

Pour la petite histoire, Edgar P. Jacobs, né le 30 mars 1904 à Bruxelles, meurt le 20 février 1987. Contrairement à Hergé, Jacobs permis que l’on poursuive les aventures de Blake et Mortimer après sa mort, ce qui donne un florilège de titres avec différents scénaristes et dessinateurs.
C’est ainsi que André Juillard et Yves Sente ont unis leur efforts pour produire l’excellent album « Blake et Mortimer : La machination Voronov ». L’histoire se déroule entre Londres et Moscou, en pleine Guerre froide ; une bactérie mortelle, ramenée sur terre par un satellite Russe en déroute - qui n’est pas sans rappeler « La variété Andromède » de Michael Crichton - servira d’armes de chantage aux Russes. Vraiment, une bonne BD

Tout comme chez Hergé* (avec Tintin) ou chez Lovecraft pour l’ensemble de ses écrits, l’absence des femmes dans l’univers jacobsien de Blake et Mortimer est, comment dire... quelque chose de troublant ? Et c’est justement sur cette absence des femmes qu’ont joué Pierre Veys et Nicolas Barral pour pasticher les aventures de Blake et Mortimer avec « Les aventures de Philip et Francis : Menaces sur l'empire ». L’histoire se résume ainsi ; depuis quelques semaines, le coeur de l’empire britannique est menacé par un phénomène inconnu : l’émancipation des femmes ! Pour faire la lumière sur le phénomène, Philip Et Francis sont appelé à le rescousse puisqu’il en va de la stabilité et de la sécurité même de la société britannique..
Pour apprécier à sa juste valeur cette pastiche, il est important d’avoir au moins lu « La marque jaune »... et vue « Kill Bill » de Quentin Tarantino !
























« Blake et Mortimer : La marque Jaune » par Edgar P. Jacobs
« Les aventures de Philip et Francis : Menaces sur l'empire » par Pierre Veys et Nicolas Barral
« Blake et Mortimer : La machination Voronov » par Yves Sente et André Juillard

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* dont Jacobs fut un ami et collaborateur pour certains albums de Tintin