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jeudi 10 mars 2011

Compte de mots - 10 Mars





À la recherche de son identité

J'ai terminé la semaine dernière un très beau livre sur la quête de l'identité ; «Du coté de Castle Rock». Le livre, qui n'est pas un recueil de nouvelles, même si c'est ce qui indiqué sur la C1, est véritablement un vrai bon roman. Un roman sur la quête de l'identité, avec toutes les questions inhérentes à cette forme de recherche ; qui suis-je? d'où je viens? qui sont mes parents? comment ont vécu mes ancêtres? etc. Cette quête nous est raconté à travers l'histoire d'une famille sur plusieurs générations, des confins de l'Écosse jusque dans l'Ontario rurale, avec un tout petit détour aux États-Unis.

L'histoire débute avec la description de la vie difficile des habitants de la vallée d’Ettrick en Écosse ; une vie rythmé autant par les saisons que par la misère et les rigueurs de l’église presbytérienne. En 1818, la famille Laidlaw s'embarque pour le Nouveau Monde et franchit l'atlantique pour aboutir à Québec. Mais le séjour est bref ; la famille quitte pour l'Ontario, province qu'elle ne quittera plus.

La deuxième partie du livre raconte surtout la vie «d’Alice Munro» (ou du moins, de son alter ego) : son enfance, ses parents, sa vie à la ferme, à l'école, ses promenades en vélo (et plus tard en auto) dans l'Ontario rurale, etc.

Ni biographie ni mémoires, ce «roman» (appelons-le ainsi) m'a vivement interpellé. Dans le genre, c'est ce qui s'est écrit de mieux depuis longtemps.


Sur l'auteur.
Alice Munro, écrivaine canadienne, est née en 1931 en Ontario.


Alice Munro
Du coté de Castle Rock
Titre original : The View from Castle Rock
Traduit de l’anglais (Canada) par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.
Boréal

ISBN : 9782764606797

111.n/MUN

dimanche 2 mai 2010

Compte de mots - 02 Mai




China Lake ou comment écrire un mauvais roman d'espionnage/policier

Comment un auteur de romans d’espionnages/policiers peut-il faire un si bon premier roman et complètement raté le deuxième ? Le syndrome du deuxième livre ? Peut-être. Avec «China Lake», second roman d’Anthony Hyde, l’auteur rate complètement la cible. China Lake ne possède aucune des qualités de «Red Fox», son premier roman. Aucune. Je cherche encore quelque chose de positif au roman, mais je ne trouve rien ; c’est vous dire...

En révisant mes notes de lecture, je me rends compte que Hyde a sans doute voulut voir trop large avec China Lake. Tout y passe (ou presque) : les années Reagan, le IIIe Reich, les MIGs soviétiques, l’Écosse, le désert du Mojave, l’Allemagne de l’est, les V2, la Californie.
Hyde a tenté de mêler réalité et fiction. Malheureusement pour nous lecteurs, il n’y parvient pas. Pire ; il déroute le lecteur plus qu’il ne le guide dans ce dédale d’histoires invraisemblables.

Si vous n’avez pas lu «Red Fox», je vous le conseil fortement. Mais de grâce, tenez-vous loin de China Lake.


Anthony Hyde
China Lake
Traduit de l’anglais (Canada) par Jacqueline Lahana
Points - Collection Policiers
France. 1994 pour cette édition. 390 pages.
ISBN : 9782020215183
CCR : 111.p/HYD


samedi 3 octobre 2009

Compte de mots - 03 Octobre


Le monde selon Richler




Contrairement à l'amie Jules, j'ai adoré «Le monde de Barney» de Mordecai Richler. Si l'homme était imbuvable, prisonnier d'un personnage qu'il s'était lui-même construit, il n'en demeure pas moins que l'écrivain a une plume vivante.

«Le monde de Barney» c'est avant tout les mémoires de Barney Panofsky. Il raconte tout : ses trois épouses, ses deux ans à Paris, les fêtes, les bons coups, les affaires, les amitiés. Barney, qui n'avait rien d'un artiste, revient à Montréal et fait fortune d'abord dans l'exportation et par la suite dans le cinéma.

«Le monde de Barney» c'est aussi le Montréal anglophone, Westmount et son snobisme... C'est aussi le hockey et les Canadiens de Montréal, c'est le référendum avec le point de vue de nos anglos. «Le monde de Barney» c'est un roman drôle, sarcastique, fin même. Oui, les francos y sont parfois écorchés, mais Richler ne manque pas non plus d'écorcher les anglos.

Dommage que la traduction soit si mauvaise. En fait, soyons juste : la traduction n'est pitoyable que lorsqu'il est question de hockey (a un point tel que j'ai de la difficulté à croire qu'il s'agisse de hockey), dans les noms de rues pas traduits, etc. Mais pour le reste, c'est plutôt bien de la part d'un traducteur de Paris qui ne connaît rien notre réalité !


Un mot sur l'auteur
Né à Montréal, Mordecai Richler (1931-2001) est considéré comme l'un des plus grands écrivains canadiens. Journaliste, polémiste et sarcastique, il pourfend la bêtise humaine de sa plume incisive.

«Le monde de Barney»
Mordecai Richler
Titre original : «Barney's version»
Traduit de l'anglais (Canada) par Bernard Cohen
Le livre de poche, 604 pages. 2001 pour cette édition.
ISBN : 9782253149958
CCR : 111.r/RIC

lundi 12 mai 2008

Compte de mots - 12 Mai

Un si charmant champ de glace



« Le champ de glace » de Thomas Wharton est un petit livre tout à fait charmant. Vraiment. Le livre raconte l'histoire du docteur Edward Byrne qui quitte son Angleterre pour participer à une expédition dans les Rocheuses canadiennes. Après plusieurs jours de marche, le docteur chute dans une crevasse. Alors que suspendu la tête en bas et redoutant que le moindre geste ne le précipite au fond de la crevasse, le docteur Byrne distingue une mystérieuse forme ailée prise dans la glace. Cette vision d'un être ailé ne cessera de l'habiter. Tellement en fait qu'il y revient année après année. Sur son chemin, il croisera des êtres attachants ; un poète, une aventurière, une femme qui l'aime (mais qu'il ne se décide pas à aimer), des hommes d'affaires, des visionnaires. Finalement, le docteur Byrne va passer une partie de sa vie à étudier, avec minutie, la progression et le déclin du glacier - et il finira par retrouver la crevasse.

Une histoire simple, mais combien intéressante. On s'attache facilement aux personnages. L'histoire est crédible. Bref, un bon petit roman à lire avec un bon thé et deux heures de libre devant soi pour l'aventure... un premier roman pour ce canadien, roman qui fut accueilli par la critique comme étant « exceptionnel par son ampleur, la rigueur de sa construction, sa beauté profonde et son style ».

« Le champ de glace »
Thomas Wharton
Rivages, Collection Littérature étrangère
214 pages, août 2000 pour cette édition
ISBN : 9782743606718
CCR : 111.r/WHA

mardi 24 avril 2007

Compte de mots - 24 avril



Walkups disponible en français !

Dans mon « Compte de mots » du 8 janvier, je vous parlais d’un curieux petit livre en anglais écrit par un Canadien originaire de la Colombie-Britannique du nom de Lance Blomgren. Le titre du livre : « Walkups ». Bonne nouvelle, ce livre a été traduit en français par Elisabeth Robert et adaptée par l’éditrice Danielle Shelton, aux éditions Adages / Maelström.

Walkups, c’est le mot anglais qui désigne les blocs appartements sans ascenseur de Montréal. Et c’est un peu la trame des nouvelles ; des rencontres dans les escaliers en arrivant ou en quittant chez-soi. Je recommande.


Walkups, Lance Blomgren
traduction de l'anglais (Canada) par Élizabeth Robert
adaptation de Danielle Shelton
Adage - Maelström
72 pages, 18,00 $
ISBN 9782921956284
site Internet :
http://www.adage-edition.com/

mardi 27 mars 2007

Compte de mots – 27 mars

Littérature de prétention

J’ai enfin terminé « À la hauteur de Grand Central station je me suis assise et j’ai pleuré ». Et j’ai franchement détesté, profondément détesté comme je déteste toute cette littérature de prétention, de mots qui ne veulent rien dire. Un ensemble de mots, de phrases vides. Tout le texte est tellement hermétique que tout au long du livre, je n’ai jamais eu le sentiment que Smart s’adressait à moi le lecteur, mais plutôt à elle et à elle seule. J’avais parfois l’impression que Smart tentait de tendre vers l’autre (le lecteur). Quelle tentait de lui faire comprendre son désarroi, mais non ! C’était trop peu trop tard. J’ai refermé le livre avec soulagement, sachant que j’allais trouver mieux, beaucoup mieux, dans mes récentes acquisitions.
J’hésite à me lancer immédiatement dans « De la démocratie en Amérique » de Tocqueville (983 pages sur deux tomes en format poche) ou le recueil de nouvelle de Kerouac (Le vagabond solitaire) ou encore, « Le piéton de Paris » de Léon-Paul Fargue. Ah ! décision, décision… ;-)

« À la hauteur de Grand Central station je me suis assise et j’ai pleuré »
Elisabeth Smart
Traduction de Hélène Filion
Guernica éd.
ISBN : 978-2-89135-049-5
CCR : 111.re/SMA
(épuisé dans cette édition)

lundi 8 janvier 2007

Compte de mots - 08 janvier 2007



J’ai lu, en moins d’une heure, un étonnant petit livre (en anglais) de Lance Blomgren intitulé « Walkups », publié ici même à Montréal, chez Conundrum press. Curieux, je me suis rendu dans le site Internet de Conundrum press[1]. Bon, j’ai pas trouvé de référence directe au livre en question, mais dans la page du catalogue, je suis tombé (boum !) sur un autre ouvrage de Blomgren ; « Corner pieces ». En lisant sur le livre et l’auteur, j’apprends que « Walkups » sera publié en français chez Triptyque. Bravo ! Un seul bémol ; nulle mention de la chose dans le site Internet chez Triptyque !




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[1] par ici pour le site Internet : http://home.ican.net/~conpress/index.html

« Walkups » de Lance Blomgren
2000, Conundrum press, Montréal, 112 pages
ISBN : 978-0-9685161-7-1