Le monde selon Richler
Contrairement à l'amie Jules, j'ai adoré «Le monde de Barney» de Mordecai Richler. Si l'homme était imbuvable, prisonnier d'un personnage qu'il s'était lui-même construit, il n'en demeure pas moins que l'écrivain a une plume vivante.
«Le monde de Barney» c'est avant tout les mémoires de Barney Panofsky. Il raconte tout : ses trois épouses, ses deux ans à Paris, les fêtes, les bons coups, les affaires, les amitiés. Barney, qui n'avait rien d'un artiste, revient à Montréal et fait fortune d'abord dans l'exportation et par la suite dans le cinéma.
«Le monde de Barney» c'est aussi le Montréal anglophone, Westmount et son snobisme... C'est aussi le hockey et les Canadiens de Montréal, c'est le référendum avec le point de vue de nos anglos. «Le monde de Barney» c'est un roman drôle, sarcastique, fin même. Oui, les francos y sont parfois écorchés, mais Richler ne manque pas non plus d'écorcher les anglos.
Dommage que la traduction soit si mauvaise. En fait, soyons juste : la traduction n'est pitoyable que lorsqu'il est question de hockey (a un point tel que j'ai de la difficulté à croire qu'il s'agisse de hockey), dans les noms de rues pas traduits, etc. Mais pour le reste, c'est plutôt bien de la part d'un traducteur de Paris qui ne connaît rien notre réalité !
Un mot sur l'auteur
Né à Montréal, Mordecai Richler (1931-2001) est considéré comme l'un des plus grands écrivains canadiens. Journaliste, polémiste et sarcastique, il pourfend la bêtise humaine de sa plume incisive.
«Le monde de Barney»
Mordecai Richler
Titre original : «Barney's version»
Traduit de l'anglais (Canada) par Bernard Cohen
Le livre de poche, 604 pages. 2001 pour cette édition.
ISBN : 9782253149958
CCR : 111.r/RIC
samedi 3 octobre 2009
Compte de mots - 03 Octobre
lundi 17 août 2009
Lecture - 17 Août
When I wrote the novel I was Barney Panofsky, but not before and not after.
- Mordecai Richler
Comme je l'écrivais un peu plus tôt, je lisais «Le monde de Barney» (Barney's version en V.O.) de Mordecai Richler il y a peu de temps (faudrait d'ailleurs que j'écrive un billet sur le roman). Et ce matin, je tombe (boum !) sur ceci :
«Le tournage de l'adaptation cinématographique du roman «Le monde de Barney»,
de l'écrivain montréalais Mordecai Richler, doit débuter lundi».
- Cyberpresse
J'apprends aussi que c'est Paul Giamatti qui incarnera Barney Panofsky, le protagoniste désagréable du roman. Paul qui ? Paul Giamatti, qui incarna magnifiquement le 2e président des États-Unis dans une mini-série absolument remarquable : «John Adams». Laura Linney lui donne la réplique dans le rôle D'Abigail Adams, la femme de John Adams. Tous deux sont absolument criants de vérité. C'est une mini-série à voir et à revoir absolument (j'ai même acheté le coffret DVD).
jeudi 23 juillet 2009
Traduction - 23 Juillet

Les limites d'un traducteur.
J'ai débuté hier la lecture du roman «Le monde de Barney» («Barney's version» en anglais) de Mordecai Richler. J'ai longuement hésité avant d'acheter la version traduite car «Le monde de Barney», qui est un roman très touffu et très ancré dans Montréal, est un piège pour quiconque voudrait s'attaquer à sa traduction : un piège car il fallait à tout prix éviter une traduction tout parisienne et en même temps, éviter une traduction frisant le parler de la rue typiquement montréalais. C'est pourquoi, avant d'acquérir le roman, j'ai lu plusieurs pages ça et là. Et je dois avouer que la traduction de Bernard Cohen me paraissait plus qu'honnête. Et après avoir lu une cinquantaine de pages du roman, je le pense encore. Mais même un bon traducteur a ses limites. Et c'est évident, Bernard Cohen n'est pas un traducteur d'ici. Autrement il n'aurait pas commis autant de bourdes ;
«Avec Maurice Richard, dit "la fusée"...»
(p. 12)
Pardon ? La fusée ? Mais il n'y a pas une seule personne au Québec pour traduire le surnom de Maurice Richard (le Rocket) en... fusée ! Merde ! le Rocket c'est... le Rocket. Même moi qui ne connaît rien au hockey - et au sport en général - je sais ça !
Et à traduire sans vraiment connaître, ça donne parfois des phrases surréalistes :
«...perdirent par "quatre jeux à un" face aux Rangers de New York lors des demi-finales de la "Stanley Cup". Pour "la fusée" toutefois, l'année n'avait pas été si mauvaise...»
(p. 12)
ou encore
«... l'arbitre Dalton McArthur, ce faux drêche patenté, infligea "un carton rouge" a Dickie Moore...»
(p. 31)
Un carton rouge, au Hockey !?! Sacrement ! Heureusement, il n'a pas traduit les «Rangers de New York» par «les Forestiers du nouveau York» ;-) J'ai aussi lu «Saint-Urbain street» (mais j'ai pas noté la page...). Ouate de phoque* comme dirait l'autre ;-)
Je me souviens que la traductrice française de Paul Auster (Christine Le Boeuf), dans le roman «Moon Palace» avait commis le même genre d'impair mais cette fois-ci, pour le base-ball.
En lisant «Le monde de Barney», j'ai compris pourquoi notre amie Jules m'écrivais, le 3 mai dernier que «Le monde de Barney m'avait énormément déçue...» ; c'est effectivement très montréalais, un Montréal que notre amie Jules n'a pu connaître et que je n'ai connu qu'en partie ; l'autre partie m'ayant été raconté surtout par ma mère, qui a un peu vécut ce Montréal de Barney.
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* traduction libre de «What the f...»
