
Si certains rêvent de grimper l'Everest, de franchir l'atlantique à la nage ou de voyager dans l'espace, mes rêves à moi sont pas mal plus terre à terre : Tellement en fait que j'ai pu en réaliser un hier : assister à une représentation du «Don Giovanni» de Mozart. Et chanceux, j'ai assisté à une représentation que je pourrais qualifier de parfaite : des voix sublimes, un orchestre (le Métropolitain) en pleine forme, un chef dynamique comme toujours (Yannick Nézet-Séguin), une mise en scène efficace, une foule de 2,600 personnes attentive et très silencieuse et une soirée parfaite en plein air, au théâtre Verdure du parc La Fontaine. Bon, allons-y dans l'ordre :
L'opéra
C'est dans le cadre champêtre du théâtre verdure, au parc La Fontaine, que fut donné l'opéra Don Giovanni. Un spectacle gratuit qui a fait «salle» comble (et même plus).
Les voix chez les femmes
Qu'il s'agisse de Kimi McLaren (émouvante Zerlina), Marianne Fiset (la très crédible Donna Elvira) ou Kyra Folk-Farber (la puissante Donna Anna), toutes les trois furent parfaites, rien de moins ! Trois noms à retenir absolument.
Les voix chez les hommes
Chapeau a Taras Kulish (Leporello) et Alexander Dobson (Don Giovanni), absolument parfait pour les rôles. Stephen Hegedus (Mazetto) s'en tire très bien. Ibidem pour Alain Coulombe, en Commendatore très crédible. Mon bémol - et c'est un bien petit bémol - conserne Colin Ainswort (Don Ottavio) ; sa voix, un peu faible par moments, se perdait avec le son des instruments.
L'orchestre et son chef
L'orchestre Métropolitain n'est plus, depuis longtemps, un orchestre de deuxième ordre ; et il l'a prouvé encore une fois hier. Et Yannick Nézet-Séguin n'a plus besoin vraiment de présentation (http://www.yannicknezetseguin.com/biographie.html) ; un grand chef toujours aussi passionné par son métier et qui communique très bien son enthousiasme au public.
Mise en scène et choix
Pour la version «concert» de l'opéra (sans décor et avec un minimum d'accessoires), la mise en scène fut admirablement montée par Alain Gauthier. Le choix du chef de s'en tenir à l'édition originale de l'opéra (sans la fin «heureuse») est à mon sens LA chose à faire. L'opéra se termine donc avec la chute de Don Giovanni jeté aux enfers. La scène de l'opéra Don Giovanni dans le film «Amadeus» de Milos Forman donne une idée précise de cet scène finale *
Confidence : même si j'ai vu ce passage mille fois, c'est toujours avec beaucoup d'émotions que je regarde cette finale de l'opéra («terrifying and wonderful to watch» - Salieri).
La foule et le théâtre
Le «théâtre» en plein air affichait complet (2,600 places. Pour voir un opéra !) ; tous ceux et celles qui n'ont pu entrer ont tout de même pu entendre l'opéra a défaut de le voir : le son ne connaît pas les clôtures ;-) Et je n'avais jamais vu une foule si respectueuse, si attentive ; pas un bruit, pas un son, pas une parole pendant prés de trois heures ! Ça m'a réconcilié avec la foule montréalaise, qui à la fâcheuse habitude d'écouter avec sa bouche.
Au final donc, j'ai réalisé un rêve et j'ai passé une soirée extraordinaire sous les étoiles, en écoutant ce que plusieurs considèrent comme le chef-d'oeuvre de Mozart.
Don Giovanni, K. 527. Opéra en deux actes
W. A. Mozart
version «concert» et sans la finale
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* Les prises de vue de l'opéra Don Giovanni furent filmées sur la scène même où eut lieu la première de cet opéra à l'époque.
lundi 5 juillet 2010
Musique - 05 Juillet
jeudi 12 novembre 2009
Musique - 12 Novembre
A Night at the Opera
Non, je ne vais pas vous parler du film burlesque des Marx Brothers[1] mais plutôt de ma soirée à l’opéra hier. En effet, j’ai assisté à la représentation de «Die Zauberflöte» de Mozart. Un mot tout d’abord sur Karina Gauvin (Pamina) : la soprano est absolument extraordinaire. Il serait faux de dire qu’elle porte tout l’opéra sur ses épaules (son jeu scénique est assez ordinaire) mais sa voix, sa présence... Ouf ! C’est ce qui s’approche le plus du sublime selon moi ! Ça fait quelques fois que vais au concert pour entendre Karina Gauvin et chaque fois, la magie opère (j’ai aussi plusieurs de ses disques). N’ayant jamais entendu Karna Gauvin dans un répertoire autre que baroque, je me demandais comment elle s’en sortirait dans un répertoire classique - et qui plus est, pour une singspiel ; ne faisant pas exception à la règle, Karina Gauvin était parfaite dans son rôle de Pamina - quoi dire de plus ! John Tessier (Tamino) est assez convainquant, mais sa voix ne porte pas très loin (faut dire que j’étais assis au niveau corbeille). Aaron St. Clair Nicholson dans le rôle de Papagano est incroyablement juste, avec une belle voix puissante et juste assez cabotin pour nous faire croire à la naïveté et la fragilité du personnage. Lara Ciekiewicz dans le rôle de Papagena est absolument délicieuse. Et que dire de cette belle complicité avec Papageno. Reinhard Hagen dans le rôle de Sarastro est crédible, avec une belle voix de basse qui porte loin. Et finalement, Aline Kutan dans le rôle de la Reine de la nuit est quasi parfaite. Quasi parfaite donc, pas parfaite ? Un ensemble de choses qui m’ont agacé - et gâché mon plaisir dans le fameux air du deuxième acte.[2] Mon bémol va donc :
- à la mise en scène ; la Reine de la nuit devrait être juchée sur le haut d’une montagne plutôt que de se retrouver au même niveau que tous le monde. Disons que son apparition aurait dû être plus flamboyante
- On ne sait pas qui de l’orchestre ou de la chanteuse va trop vite ; toujours est-il que l’on sent la chanteuse (qui maîtrise pourtant très bien l’air) un peu en manque «d’air» et hier soir, elle a commis une fausse note à cause de cette précipitation. Fâcheux. D’ailleurs, tout le deuxième acte va «trop» vite ; on sens une précipitation tant dans la mise en scène que chez l’orchestre. Dommage. Malgré tout, l’orchestre Métropolitain, sous la direction d’Alain Trudel, est très efficace.
Enfin, seul Monostatos (Aaron Ferguson) ne m’a laissé aucun souvenir ; faut dire que son rôle se limite à quelques très brèves apparitions sur scène.
Le public : le vrai bémol de la soirée.
Comme toujours, le public de la représentation d’hier soir aurait fait honte à l’infâme Gingras[3] : bruyant, toussant à qui mieux-mieux (A H1N1 anyone ?) et applaudissant un peu n’importe où. Mais bon, le public québécois est ainsi : il écoute avec sa bouche plutôt qu’avec ses oreilles ! (et je passe sous silence le parfum épouvantable des vieilles madame)
Pour résumer.
J’ai passé une excellent soirée. Je recommencerais demain, sans hésitation. Et c’est sans hésitation que je vous recommande fortement d’aller voir et entendre cette belle production qui fort heureusement, n’as «rien de ces prétentieuses et inutiles «relectures» de metteurs en scène venus du théâtre et ne connaissant rien à l'art lyrique.»[4]
J’oubliais...
Il y a vraiment de nombreuses similitudes entre «Die Zauberflöte» et «Don Giovanni» (du même compositeur - Mozart - mais de deux librettistes différents). Faudra en reparler un de ces jours...
«Die Zauberflöte», opéra de deux actes, K. 620
musique de W. A. Mozart.
Livret d'Emanuel Schikaneder
Autres représentations: 14, 16 et 19 novembre à 20h et le 21 novembre à 14h.
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[1] film de 1935 avec les Marx Brothers (sans Zeppo)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Une_nuit_à_l%27opéra
[2] pour entendre le fameux air de la Reine de la nuit. vous rendre sur le site de l’Opéra de Montréal (http://www.operademontreal.com/fr/index.html) et sélectionner «La flûte enchantée». Après quelques secondes d’attente, la musique et la voix se fait entendre.
[3] l’infâme Gingras, surnom de Claude Gingras, critique de musique classique au journal La Presse depuis au moins 103 ans.
[4] http://www.cyberpresse.ca/arts/musique/musique-classique/200911/09/01-919805-la-flute-enchantee-enfin-mozart-dans-la-tradition.php
dimanche 14 janvier 2007
Compte de notes – 14 janvier 2007
Je n’ai pu faire autrement que d’écouter un second disque de Karina Gauvin, avec cette fois-ci Purcell au programme [2]. La magie était encore au rendez-vous, même si le répertoire chanté par Karina Gauvin m’est plus familier avec le haute contre Daniel Taylor. Avec son plus récent opus, Karina Gauvin nous propose quelques uns des plus beaux airs d’opéras de Purcell. C’est d’une grande facture, d’une inimaginable beauté et d’une grande sensibilité.
En écoutant ce très beau disque, je n’ai pu m’empêcher de songer que Purcell est décédé à l’âge de 36 ans ! Je me passe le même genre de commentaire en écoutant certaines pièces de Mozart…
Est-ce cette pensée qui a guidé le choix de mon troisième disque ? Je ne sais trop, mais j’ai vite fait mon choix : le « Requiem » de Mozart, dans sa version révisée par Robert D. Levine, et brillement interprété par La Chapelle de Québec et Les violons du Roy, sous la direction de Bernard Labadie [3]. Et ce n’est pas une coïncidence si, Karina Gauvin chante aussi sur cet enregistrement ; son immense talent fut mis a contribution dans cette excellente distribution de talents. On pourra dire ce que l’on veux de cette version révisée et complétée par Levine, qui ne fait pas l’unanimité, reste que cet enregistrement est un grand, très grand moment de musique.

[1]Karina Gauvin, Les Chambristes de Ville-Marie
Antonio Vivaldi (1678-1741), « Motets pour soprano ».
Analekta/Fleurs de lys
FL 2 3099
Enregistré en mai 1997 à l’église Saint-Augustin-de-Mirabel.

[2] Karina Gauvin, Les Boréades sous la direction de Francis Colpron
Henry Purcell (1659-1695) « Purcell ».
ATMA Classique (Baroque)
ACD2 2398
Enregistré en juillet 2006 à l’église Saint-Augustin-de-Mirabel.

[3] La Chapelle de Québec, Les Violons du Roy sous la direction de Bernard Labadie
W.A. Mozart (1756-1791) « Requiem », K. 626
Karina Gauvin, soprano,
Marie-Nicole Lemieux, contralto,
John Tessier, ténor,
Nathan Berg, Baryton.
Dorian
DOR-90310
Enregistrement public, 20 septembre 2001 au Troy Saving Bank Music Hall a Troy (New York).
mardi 2 janvier 2007
Compte de notes – 02 janvier 2007

Ce matin, intégrale des quintettes à cordes de Mozart par le Quatuor Talich[1] . Sublime. Ténébreuse beauté. Les membres du Quatuor Talich sont sans égale à mon avis. Et la magie de la musique de Mozart opère toujours. Je recommande vivement.
[1] Mozart, intégrale des quintettes à cordes
Le Quatuor Talich, 3 DC.
Caliope. CAL 3231.3
