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lundi 14 décembre 2009

Théâtre - 14 Décembre


Soirée au théâtre



Vendredi soir dernier j’étais au théâtre pour voir la très belle pièce «
L’imposture» de Evelyne De La Chenelière.

Avec «L’imposture», l’auteure aborde la question de la création au féminin. Mais très vite, la «simple question» (hum !) de la création est évacuée (du moins temporairement) pour faire place à des questions toutes aussi essentielles : où est la place de la femme entre le mari, les enfants, l’amant, les amis, la carrière. Partagé entre la narration du fils et l’histoire racontée par la mère, «L’imposture» s’impose comme une très belle pièce. Mon seul bémol va au personnage jouée par Sophie Cadieux : ce n’est pas l’actrice qui est en cause (Sophie Cadieux est même plutôt excellente dans le rôle de la fille rebelle) mais j’ai comme l’impression qu’Evelyne De La Chenelière s’est aventurée dans des chemins inconnus avec le personnage de la rebelle : les gang de rues, la violence de la rue, ça fait un peu cliché.

La distribution est excellente, avec deux mentions particulières : David Boutin - que je ne pourrai plus jamais regarder de la même façon. Intense et si vrai dans son rôle. On le sens habité par son personnage. Et Violette Chauveau qui excelle (rien de moins) dans le rôle de la mère et romancière.

Mise en scène irréprochable signée Alice Ronfard.

Assurément «L’imposture» une très belle pièce qui a cette grande qualité de poser beaucoup de questions - sans toujours chercher à y répondre - et c’est très bien ainsi. Une pièce de théâtre contemporaine mais qui par sa facture, me rappelais à l’occasion «Au retour des oies blanches» de Marcel Dubé.

À défaut de pouvoir assister à une représentation de «L’imposture» (la dernière représentation ayant eut lieu samedi dernier), Leméac a publié le mois dernier la pièce de théâtre de Evelyne De La Chenelière. Et à 13,95 $ c’est vraiment pas cher.





Prochain rendez-vous ; «
Huis Clos» de Jean-Paul Sartre (en avril).


dimanche 2 août 2009

Compte de mots - 02 Août





«...le problème est ailleurs. Le problème c'est que nous aimons être malheureux en famille.»
- Au retour des oies blanche, page 40


Pièce de Marcel Dubé écrit au milieu des années 60, «Au retour des oies blanches» dépeint une famille qui sombre tout en tentant de sauver les apparences. Je ne vais pas m'éterniser en vous parlant de cette pièce que j'ai profondément détesté. Sachez tout de même que cette pièce, qui est maintenant à des années lumières de nous, n'a pas su transcender le temps. On dit de cette pièce qu'elle fait partie du répertoire classique du théâtre québécois... J'ai encore préféré lire «Florence» du même auteur : c'est peut-être une pièce de théâtre plus loin de nous dans le temps que «Au retour des oies blanche» mais elle a au moins le mérite de dire les choses. Dans «Au retour des oies blanche», on parle sans nommer les choses : on y traite de l'homosexualité en parlant d'amitié particulière, on parle de dépression en évitant surtout de «le dire», on traite d'alcoolisme sans le nommer, de drogues en faisant allusion à des cigarettes, d'inceste sans être clair, bref, c'est un théâtre qui ne dit rien à force de ne pas mettre les mots sur les choses telles qu'elles sont.

On pourrait aussi reprocher à l'éditeur - Leméac - de ne pas avoir fait d'introduction à l'oeuvre, se contenant de reprendre le texte tel quel. Un travail de paresseux si vous voulez mon avis.

«Au retour des oies blanche» ou famille, je te déteste. Ou encore, comment aborder les grands thèmes sans les nommer !

«Au retour des oies blanche»
Marcel Dubé
Leméac - Théâtre
Montréal, 2004 pour cette édition.
149 pages avec les jugements critiques
ISBN : 0776100092
CCR : 111,1.t/DUB

jeudi 18 janvier 2007

Compte de mots - 18 janvier 2007



Petite soirée de lecture hier. J’ai lu ce petit livre [1] d’une couverture à l’autre, sans pouvoir m’en détacher.
Prenez le froid, la guerre, un professeur, un assistant et une étudiante réunit dans une grande pièce. Au fond de cette pièce, une immense bibliothèque. Et parce que c’est la guerre, parce qu’il fait froid et que le combustible vient à manquer, le livre devient vite source de combustibles. Mais quoi choisir. Ou plutôt, quels livres, quels auteurs épargner ?

Rapidement, ce huis clos en rappel une autre, célèbre (indice : « l’enfer c’est les autres »). Tout aussi étouffant, froid, beau et nécessaire. Mais sans espoir. Sans issue et où chacun tente, à sa façon, de survivre. Car que va t-il se passer lorsqu’il ne restera plus un seul livre à brûler ?

À lire et relire.
_______
[1] « Les combustibles », Amélie Nothomb
LGF, Livre de poche
89 p. Paris. 1994
ISBN : 978-2-253-13946-1