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mercredi 22 octobre 2008

Première neige - 22 Octobre

Première neige d'automne


Photo originale : archives de La Presse. Retouchée par l'auteur.

Non, cette photo ne fut pas prise ce matin. Mais oui, il a neigé sur Montréal cette nuit - et ce matin aussi. Mais pas d'accumulation au sol. Pas encore. Et puis, cette première neige n'est pas tellement hâtive car selon René Héroux, météorologue à Environnement Canada, les premières accumulations de neige à Montréal sont enregistrées autour du 18 octobre. Le record de neige hâtive pour Montréal remonte au 20 septembre 1977.

Maintenant, la question qui est sur toutes les lèvres : Est-ce que notre prochain hiver sera aussi enneigé que le précédent ? Les paris sont ouverts...

jeudi 22 novembre 2007

Douze heures plus tard - 22 novembre



Douze heures plus tard, Montréal.

Prendre un banc pour un tas ! - 22 novembre

Traduttore, traditore ? Pour le meilleur et pour le pire - hélas !

Est-ce toute cette neige qui tombe qui m’inspire ce billet ? Sans doute pas, si ce n’est qu’en ce matin de neige, avant de quitter pour le bureau, je poursuivais la lecture de « La ruelle de Moscou » de Ilya Ehrenbourg et que je suis tombé sur ce passage :

« Mais tous le monde sait ce que peuvent
dire des amoureux, la nuit, dans une
ruelle pleine de neige ! Les originaux, eux,
continuent à errer : ils ont de la peine à
quitter les tas de neige chers aux coeurs
russes.
»
(c’est moi qui souligne)

Les « tas de neige » ? Est-ce que le traducteur voulait plutôt écrire les « bancs de neige » ? Mais qu’est-ce qu’un banc de neige sinon qu’un vulgaire tas de neige me direz-vous ? Je me suis abreuvé à trois sources pas « officielles » du tout, mais qui éclaire tout de même :

Banc de neige : 1) Tas de neige sur le bord des routes, formé par le chasse-neige 2) congère
SOURCE : http://pagesperso-orange.fr/fredak/dico/dico_a_c.htm

Banc de neige : Accumulation de neige en bordure des routes et des cours et causée par le déneigement
SOURCE : http://educatic.qc.ca/quebec-france/lexique/lexiqueq-bancdeneige.htm

Banc de neige : masculin. 1) Accumulation de neige naturelle ou due à l'activité humaine. Note : Le banc de neige se distingue souvent du reste de la couche de neige environnante parce qu'il est un peu plus élevé ou forme un petit monticule. Les immenses montagnes de neige des dépotoirs à neige ne sont pas désignées comme bancs de neige
SOURCE : http://fr.wiktionary.org/wiki/banc_de_neige

J’aime bien cette dernière. Surtout pour la note qui nous indique que les dépotoirs à neige ne sont pas des bancs de neige ;-)
Bon, c’est bien beau tout ceci, mais comment m’assurer que le traducteur à bien traduit ? Et qui sait, peut-être que l’auteur a véritablement utilisé le mot tas (mais en russe !) Ou encore, peut-être que l’équivalent de banc de neige existe dans la langue russe, mais que le traducteur, vivant dans un pays où la tradition de neige n’existe à peu près pas, ignorait qu’il existait un mot un peu plus poétique que tas pour décrire un amoncellement de neige ?
Plus loin dans la même page, on trouve cette phrase :

« Les amas de neige ne les égayaient pas. »

Bon, on parle vraiment de bancs de neige à mon avis. Mais pourquoi parler ici « d’amas » et un peu plus haut de « tas » ? Pour éviter la répétition ? Mais c’est complètement absurde : il n’est pas impossible que l’auteur ait utilisé deux fois le même mot en l’espace de quelques phrases, alors pourquoi avoir chercher à mettre un synonyme dans la traduction ? Tient, ça me rappel quelque chose : lorsque l’on a traduit Kafka, les traducteurs en français se sont employés à utiliser des synonymes parce qu'ils considéraient que l’emploi répétitif d’un même mot dans un même paragraphe, ben que ça se faisait pas ! Ce n'est que tout récemment que des spécialistes se sont penché sur la question, pour se rendre compte que les traducteurs avaient pêché par excès : Kafka utilisait effectivement la répétition et on aurait dû respecter cette répétition. C’est là plus qu’ailleurs que le « traduttore, traditore » prends tout son sens à mon avis : dans le non respect de l’autre langue et de la volonté d’un auteur. Résultat ; on est en train de traduire de nouveau en français, toute l’oeuvre de Kafka – et je sais que pour des raisons similaires, toute l’oeuvre de Dostoïevski est en cours de re-traduction.

Mais je m’égare... Banc, tas, amas, le traducteur aurait aussi pu utiliser le mot « congère ». Bien sur que je connais le mot congère. Mais personnellement, je ne l'utilise pas. Vous imaginez la scène un matin d’hiver, en conversation avec mon voisin :

- (moi) Tu as vue la congère ?
- (voisin) De kessé ?
- (moi) Ben oui, la congère là ; le banc de neige..
- (voisin) té pas capab’ de parler français comme toute le monde s’tie !
;-)))

Ça pourrait être pire : plutôt que de me répondre « De kessé ? », mon voisin aurait pu répondre, sur un ton suffisant, « sorry man, I dont speak spanish » ;-)









Montréal sous la neige, 6h50 a.m. ce matin

mardi 20 novembre 2007

Première neige - 20 novembre


Ce matin, une première vraie neige s’abattait sur Montréal. Assis près de la fenêtre, je lisais « La ruelle de Moscou » de Ilya Ehrenbourg. Je suis tombé sur ce passage :


« Elle va à la fenêtre. Pankratoff continue à
peiner. Des chapardeurs partagent leur
butin. À la fenêtre contiguë, Iousik tremble
devant l’esprit infernal. Mais Tania ne voit
que la neige, la bonne neige veloutée. Elle
en devient joyeuse, très joyeuse, comme
dans son enfance. Qui est-ce qui a dit qu’il
fallait vivre en Italie parmi les palmiers ?
Tania ne changerait pas les tas de neige de
la ruelle - les luges, les moineaux, l’orgueil
du coeur. Quel froid ! Oui, ce ne sont pas
les palmiers, c’est notre pur hiver [...] pur
comme le coeur de Tania.
»


Mais depuis cette lecture matinale, notre première neige s’est changée en pluie. Nous sommes loin de la ruelle de Moscou et de sa neige veloutée. Et je demeure tout aussi loin des palmiers de l’Italie...