
Chronique de la ruelle Prototchni
Pour Blanche...
Je termine la lecture de « La ruelle de Moscou » de Ilya Ehrenbourg. Quel beau roman, quelle belle fresque aussi. Ehrenbourg nous invite à découvrir la vie moscovite, vue à travers une pléiade de personnages colorés qui ont tous en commun d’habiter ruelle Prototchni à Moscou.
La ruelle Prototchni, c’est un peu le microcosme de la vie dans les grandes villes russe de l’après révolution. Mais cette « fameuse » révolution a laissé un goût amer :
« De nos jours, tout rapetisse : les jupes, les livres et même les coeurs. » (P. 14)
Les choses toutes simples semblent avoir fuit la ruelle :
« Citoyens, citoyens, ce qui manque à notre ruelle, c’est un peu de bonheur ! » (P . 48)
Non, tout n’est pas rose ruelle Prototchni ; la vie, les rêves et même l’amour s’achète à crédit. Il y a l’amour vue par les hommes :
« Voyons Iousik, on voit bien que vous ne connaissez pas les femmes ! L’amour ? En réalité, tout est beaucoup plus simple. Pour commencer, on se dit des choses tendres, puis on se couche, et puis on paie. » (P. 49)
Puis l’amour vue par une femme :
« Hier il est encore venu. Je ne voulais pas. Il s’énervait. Il a cassé le cendrier. Il a eu une conduite méprisable et faisait pitié à voir. J’ai cédé. Et, dix minutes plus tard – j’ai regardé ma montre exprès – il allumait tranquillement une cigarette et cherchait un prétexte pour filer. Je lui ait soufflé moi-même : Va, tu dois avoir un travail pressant ! » (P. 66)
Pourtant, tout n’est pas noir. Glauque. Le roman est parsemé de courts instants de joies. Et puis, l’espoir n’est pas mort. Et tant qu’il y a de l’espoir, il y a de la place pour la vie.
Je connaissais l’auteur pour avoir vu son nom à maintes reprises dans des ouvrages spécialisés sur la littérature russe. Avec « La ruelle de Moscou », j’ai abordé son oeuvre romanesque la plus marquante. J’ai adoré le roman. Sa façon de présenter un a un les personnages, à travers une ruelle de Moscou aura de quoi charmer quiconque est sensible à l’âme russe, cet indéfinissable désire d’exister dans la douleur.
Merci beaucoup, Bob August! Cela me donne envie de lire le livre... Même si les personnages sont tristes... Mais cela fait partie de l'âme russe, pour sûr...
RépondreEffacerQuant à la fameuse ruelle dans Moscou, je ne sais pas si elle est réelle ou inventée, en tout cas je n'en ai jamais entendu parler... Je me renseignerai.
>je ne sais pas si elle est
RépondreEffacer>réelle ou inventée
Qui sait si cette ruelle n'est pas un souvenir de l'auteur de plusieurs ruelles et rues de Moscou...